ACTE III, SCÈNE II
trangler le blanc des yeux. Après, ils s'appaisent en beuvant chacun cinq ou six coups.
LisiDOR. Gela D*est pas mal ; mais cependant trois ou quatre personnes m'ont dit qu'il étoit en cette ville, et qu'on Vy avoit ven.
CRispiN. Celuy.qui Ta dit en a menti, et je le soutiendray devant toute la France.
LISIDOR. Confesse la vérité, je n'en parleray point II est icy?
CRispiN. Je ne le confesseray point, car cela n'est pas vray.
LISIDOR. Oh, je sçais bien que si, moy ; et si lu déguises davantage...
CRISPIN. Vous voulez donc me faire dire une chose qui n'est pas?
LISIDOR. J'ay donc menti?
CRISPIN. Vous avez tout ce qu'il vous plaira, mais cela n'est pas, cela n'est pas.
ICARIN. Monsieur, quittez-là cet impertinent, il vous mettroit en colère sans raison.
CRISPIN. Impertinent! morbleu, tu eu as menty ; il faut t'en faire taster tout du long et tout du large,
{Ils veulent se bcUtre. )
MARIN. Viens, viens, que je t'ajuste de toutes pièces.
LISIDOR, les séparant avec son baston. Coquins, si vous ne vous arrestez, je vous donneray cent coups. Ah! morbleu, c'en est trop. Crispin, puisque ton maistre n'est pas à Paris, je te commande de l'aller au plus tost retrouver à Bourges, et de luy dire que quand il m'aura fait sçavoir son adresse, je luy feray tenir de l'argeut par un banquier de cette ville.
CRISPIN. Mais, Monsieur...
LISIDOR. Point de réponse davantage ; n'approche pas seulement de mon logis, si tu ne veux avoir cent coups de baston.
CRISPIN. Si vous me battez, je sçais bien ce que je feray.
LISIDOR. Que feras-tu?
CKispiN, montrant Marin, Je le frotteray comme un diable.
LISIDOR. Pourquoyle frotteras-tu?
CRISPIN. Hé, pourquoy me battrez-vous?
LISIDOR. Parce que tu es un fripon.
CRISPIN. Et parce qu'il est^un factotum, et qu'il veut me faire battre.
LISIDOR, levant son baston. Je te donneray...
CRISPIN. Donnez pour voir, vous verrez si je ne luy rendray pas.
LISIDOR. Ah, morbleu! je n'en puis plus souffrir.
(Lisidor voulant frapper Crispin de son baston^ Crispin baisse la teste, ce qui Jait que Lisidor tombe, et Crispin va donner un coup de poing à Marin, qui tombe de l'autre costé, et cependant Crispin s*enfuit.)