SCENE II
LISIDOR, CRISPIN, MARIN.
L1S1D0B. Que fais-tu en ce lieu ?
CBispiN. Monsieur, ennuyé d'attendre au logis, je me promenois.
LisiDOB. Où est ton maistre? Dis-moy.
CBISPIN. Voilà une belle demande ! Il est à Bourges. Vous plaist-il de me donner de Targent, afin que je m'en retourne ?
LISIDOB. Ouy dà. Dis-moy, où loge-t-il à Bourges?
CBISPIN. Hé, il loge... proche les Écoles.
LISIDOB. Comment nomme-t-on la rue?
CBISPIN. La rue?
LISIDOB. Ouy.
CBISPIN. On la nomme... on la nomme... Vous y avez été devant moy, VOUS le sçavez bien.
LISIDOB. Mais encore?
CBISPIN. 11 ne m'en souvient plus : il y a des pendars de noms dans cette ville, qui sont si difficiles à retenir que je ne sçaurois les mettre dans ma cervelle ; et puis, je ne m'en soucie guère. A quoy bon s'aller embrelicoquer Tesprit de ces bastards de noms? Quand ou est logé , on est logé.
MABiN. Il a grande raison.
CBISPIN. Morbleu, taistoy, ou bien... vois-tu... jarnie! EnOn...
LISIDOB. Patience...
CBISPIN. C'est que je ne veux pas qu'il se mesle de ce qu'il n'a que faire.
LISIDOB. Taistoy Que fait ton maistre ordinairement?
CBISPIN. Il étudie; puis il a souvent à disner et a souper des gens avec qui il parle latin comme tous les diables. Ce que j'y trouve de plaisant^ c'est qu*ils se querellent comme s'ils vouloient s'é-