‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 127 sur 325 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

( // chante en gascon.)

BeaiiK^, qui captivez mes sens.

Ma vuix, par ses tristes accens,

COMEMP. DK NOLIÈRR. — II. 10

14fi CRISPIN MCSICIEN.

^oiis peint Pexcez de mon mart\re :

Maifty (lieux 1 qiieik Inim a¥«a-^u8?

Quand mon cceur cm votia la dire^ SoudaiB. «ouft entrez en courronx.

CRisFiN. Ce cFiantcurme fait rire arec son* chant gescoB. LK MUSiciETN Sçachez que maintenant r'est fer heWe façon,

Et que cette manière est le plus à la mode ». CRISPIN. Je gage que Monsieur blasme cette méthode LK MUSICIEN. Laissons cela, chanter.

CBISP1K. Woy .^ je' n'en feray rien.

Vostre accent est gascon , le mien est parisien ;

Apprenez mon accent, et f apprendray le fostre^

Puis on pourra juger et de l'un et de l'autre. LE MUSiCTETÇ. Mouslcur, VOUS jugcz bien par ce raisonnement. . . CBispm. Monsieur sçait que je parle arec grand jugement. PHELONTE. Enfin , c'est sans raison. .. LE MUSICIEN. Je suis las df renttend^.

Monsieur, encor un coup, ouy, je veu.x vous apprendre ;

Et , si je ne vous fais mieux chanter roiUe fois

Qu'il n'a pu...

PHKLONTE. Trouvez bon qu'il achève son nrois ,

nous nous verrons ensuite.

LE MUSICIEN. 11 faut vous laisscr faire;

Mais je veux...

CBisPiN. Tu prélens qu'à moy Ponte préfère,

• Musicien de balle >.^ LF. Mi'siciEN. En autre lieu qii-icy,

,lo t'appren^ray.

' L*aceeiii {Viscon, ou du moins méridional, duns le chant, avait, en effet, été mis récemment à la mode par la troupe de chnntHurs (|ue TablK' Perrin avait fait venir du midi de la France pour rou\erlure du IhéAtre de TOpt^ra. Lorsqu'il eut obtenu son privilège avec Camhert, le marqui-^ de Sourdeac et le fi«*anc{er Cham»peron, Pabbt'> Perrin, ne possé<ianl pas assez. d'acteurs et de symphonistes, fit exécuter une levée des meilleurs ch.inlres et nnisidens au servie»» des cal héd raies, dans la Provence et le Languedoc, et ce fut avec leur concours (ïuVut lieu la représentation 6e, Pomone, par laquHIe s*ouvril (I» mars l«7l) le nouveau théâtre. Presque ton» )«a^plus remarquables acteurs d4> l'Opéra naisaanl^étaient d'anciens chantres de lutrin du Midi, comme Beaumaviclle, rillustre^ba.sse-taille qu'on avait eilevé à Toulouse, et ses camarades Rossignol, Cladii-re, Tliolet, BorcI de Miracle, etc. (V. ChsUI Blaze, rjcadémU' royale de musique, ch. I; Fétis, fiioffraphie universelle de» musiriens, art. Beaumavielle). i/est très probablement à cette particularité que fait allusion ce passaf^e de Hauteroch**.

'Terme de mépris Mo'ière l'a emp'oyé clans les Femmex savavffs :

Ailes, rinifur de ballf, opprobre d>i métier.

fin, se. 5)

ACTK IV, SCENK V. 147

CBiSPiN. Va, va, ne sois point eu soucy;

Si tu sçais ferrailler, je chamaille à merveilles. LK MUSICIEN; s'en allant,

MuDÎs-toy d'uue épée : avec armes pareilles,

Seul à seul , de pied ferme, on te peut divertir, CRiSPtrs. Je ne veux contre toy qu'une broche à rostir.

Adieu, re mi fa soi......

ACTi: IV.

( En dépit des scrupules de Daphiiis, Crispio et Toinon la déterminent a recevoir PlieloDte, mais au moment où elle va le congédier dau^ lu peur d'être surprise, on entend frapper à la porte.)

SCÈNK iV.

D4PUNIS. Je Teutens, c'est luy, que deviendray-je ?

pKBLO!fTB. Une houneste recherche a quelque privilège ;

Et si je luy dis...

DAPHRis. rioD. Toinon ; et viste.

TOISON. Quo> !

Peut-on?... Comme il redouble!

DAPHNis. Et tost, c*est fait de moy

Que dans ce cabinet ils entrent Tun et Tautre. CBisPi^. Monsieur, nous voila pris. TOINON. Ala pensée est la vostre.

Coulez- vous là dedans, et mottes. T,*on y va. CRisPm, entrant. Peste! il a belle haste. DAPHNIS. Et la clef, tire-la.

TOiNON. Mon Dieu, ne craignez rien. Il heurte. a\€c emphase.

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