‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 142 sur 325 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Écoutez Unsolenle!

Monsieur, il ne faut point...

Hé bien, qu'est-ce. Mêlante.^

Vous veniez au concert, c'en est icy le jour.

Non, en vain je voudrois vous cacher mon amour :

Depuis un an entier j'adore votre ûlle.

Vous connoissez mon bien, vous sçavez ma famille ;

Daignez laisser uny ce que Tamour a joint.

Mon honneur souffriroit à n'y consentir point.

Mais quoy! dois-je excuser une fille sans honte,

Et qui de ma deffense a fait si peu de compte.^

Pour obtenir pardon, j'embrasse vos genoux. (Daphnis, Toinonet Crispin se jettent à genoux avec Lise.) MELANTE. Eh! Mousicur, par pitié...

LISE. Mon père....

DOBAME. Levez- vous.

LISE, larmoyant. Te sçais que j'ay failly, j'ay tort, je le confesse-.

Mais pardonnez...

Ses pleurs réveillent ma tendresse ^

Et.... c'est assez. Mêlante, elle est à vous.

Hé quoy!

Se peut-il que vous....

Ouy, j'agis de bonne foy.

Phelonte, à cœur ouvert, Daphnis a sceu vous plaire?

Ouy, ce seroit en vain que j'oserois le taire,

Je l'aime; faites grâce à ma témérité.

Rien ne manquera lors à ma félicité :

C'est de vous seulement que je la dois attendre.

Je n'aurois pris peut-estre aucun des deux pour gendre

^lais puisque sur ce point, sans craindre mon courroux.

Mes filles, malgré moy, sont d'accord avec vous ,

L'éclat de mes refus tourueroit à ma honte :

DOBAME.

MELANTE.

DOBAME.

PHELONTE.

DOBAME.

PHELONTE.

CBISPIN.

DOBAME.

CBISPIN.

Ainsi, si c'est L)onheur, soyez heureux, Phelonte. Puis-je assez reconnoistre un si charmant aveu ? Le maistre de musique a bien joué son jeu , Et c'est, pour peu qu'il trouve à payer d'artifice. Un fourbe aussi complet...

Fort à votre service :

Vous n'avez seulement qu'à me donner Toinon, Je fourbe après pour vous de la mesme façon. Mais Toinon...

Dans un mois, avec ma tablature,

fC6 CRISPIN MÉDECIN.

Elle pourra chanter et battre la mesure. TOiNO>. Et si par de faux tons tu me gastes la voix?... CBISPIN • Ne craiDS rien. Voulez-vous qu*on en fasse à deux fois ?

Tandis qu^on est en train, mettez-moy de la bande;

Toinon m*aime, je Taimc, et je vous la demande. 1)0 RAME. La musique pourroit se ravaler si bas?

A Toinon !

cmispiN. Chacun sçait ce qu'il soait. En tout cas,

S'il faut, pour Tépouser, me faire mieux connoistre,

Crispin est mou vray nom, et vous voyez mon niaistre. DORAHE. Ah ! puisqu il est ainsi, je dois tout accorder.... CBTSPiN. Messieurs, si mon concert |)eut vous accommoder.

On le répète icy trois fois chaque semaine ' ;

Venez roiiir en foule, il en vaut bien la peine*.

* Od Joaait à rHdtel de Bourgogne les mardis, vendredis et dimanches. Les représentations quotidiennes ne commencèrent au tliëâtre (]u*aprës la fusion des trois troupes dans la salle de la me Mazarine, en isso, à partir du dimaoche 25 août. On voit par le registre de I^ Grange que, peu de temps avant la réunion de l'Hôtel de Bourgogne, il y avait déjà eu une tentative dans ce sens au tbéAtre de la rue Mazarlne, du mardi U mai au dimanche 7 Juillet 1G80 ; puis on était revenu à Tancien usage.

' Comparez ce couplet final, où l'on Joue sur le titre et le sujet de la pièce, h ceux qui terminent V École des Maris, le Légataire universel, etc.

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