‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 143 sur 325 · AU THÉÂTRE DE L'HOTEL DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

AU THÉÂTRE DE L'HOTEL DE BOURGOGNE

Nous croyons devoir reproduire ici, à cause des quelques renseignements qu'il donne sur Molière, Tavis Au lecteur de la Cocue imaginaire de François Doneau , jouée à THôtel de Bourgogne, suivant quelques auteurs.

La vie de François Doneau est inconnue, et Ton n'a guère que la date de son unique pièce pour élément de sa biographie. On l'a quelquefois confondu avec Jean Donneau, sieur de Visé (dont il était peut-être le frère, malgré la différence d'une lettre qu'on trouve habituellement dans la manière d'écrire leur nom) : Maupoint, dans sa BibliotUt^que des Théâtres^ a, entre autres, commis cette erreur. - - Son ouvrage rst-tout simplement le Sganareile, ou le Cocu imaginaire^ de Molière, retourne en sens inverse, comme l'indique le titre. Doneau a transporté à la femme le rôle donné par Molière au mari , et a interverti également le sexe de tous les autres personnages, en changeant leurs noms, et en supprimant Villebrequin. Du reste, sa comédie est calquée, scène'par scène, et quelquefois vers par vers, sur celle dont il voulait exploiter le succès à son profit. U n'y a montré aucun talent, mais ce qui peut encore aujourd'hui nous intéresser à son nom , c'est la sincère admiration qu'il témoigne pour Molière dans son avertissement, et l'enthousiasme désintéressé avec lequel il prend sa défense.

Suivant les ouvrages spéciaux, la première édition de cette pièce fut publiée sous le titre des Amours (TAlcipe et dfCépUisc; mais aucun bibliographe ne semble avoir vu cette première édition, ni ne la décrit, sauf les frères ParfaicI, copiés par H. Duval, qui la décrivent ainsi: n in-I2, Paris, Jean Ribou, 1GG0 ». Elle se trouve, d'ailleurs, désignée sous ce seul titre dans le privilège (du 2.') juillet 16C0), reproduit à la suite de l'édition de 1662, la plus ancienne qii'ou ait actuellement (Paris, J. Hibou, in- 12, achevé d'imprimer le 27 mai 1062; il y eut, la même année, une édit. eizévir. en Hollande, suivant la copie, petit in-12). Cette édition de 1662 pourrait bien, en réalité, être la première : il n'était pas rare que des circonstances quelconques retardassent Tinipression, même de plusieurs années, après la concession du privilège. C'est prol)ablcmcnt l'existence de ce privilège du 25 juillet 1660 qui aura fait conclure à l'existence d'une édition publiée la même année, et c'est par induction que lès frères Parfaict auront décrit sommairement cette édition, en lui conservant le format et le libraire de 1662. D'ailleurs rédition de 1662 porte bien pour titre, en tête de la pièce : les Amours d'Alcipe et de Céphise, ou la Cocue imaginaire. Seulement le titre général, en tète du volume, et le titre courant, ne donnent que ces derniers mots.

Doneau composa son ouvrage avec une rapidité exemplaire, puisque son privilège est postérieur de moins de deux mois à la première représentation de Sganarelle, Sa pièce a-l-clle été représentée? Les frères ParfaicI disent

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