LE LIBRAIRE DU PONT-NEUF
Pour GUSMAN ', aux DAMES.
Beaux yeux , ne vous étonnez pas De voir ma mine boursoufflée :
C'est d'un busq et non d'un repas Que ma panse paroist enflée.
Je ne me repais tout le jour Si ce n'est de faste et d amour, Et le plus souvent je me couche Avec ce fascheux accident De n'avoir rien mis dans ma bouche Que le bout de mon curedent.
Pour la BELLE ÉGYPTIENNE \
ENTRÉE XVIL
Une conduite glorieuse, Malgré cent obstacles divers.
Me fait voir 5 tout l'univers D'effet et de nom précieuse :
On me vola subtilement, Mais , depuis ce fascheux moment , En l'art de m'en venger je suis bien si sçavante Que nul homme ne se présente A qui , par un charme vainqueur, Je ne vole le cœur.
Pour le SEIGNOR ANDBEZ ^.
Uélas ! qu'Amour a de puissance !
Je sers une errante beauté,
> Guzman dTAIfarachCy roman espagnol par Matteo Aleooaji (1500), que Le Sage a naturalisé en français-
' Cest le titre porté par une Nouvelle de Cervantes : la Gilanitla de. Madrid, dont Hardy, en 1615, et Sallebruy, en lois, ont tiré chacun une tra^i comédie sous le Ulrede la Belle Égyptienne. Les Nouvelles de Cervantes avaient été publiées pour la première fois en français probablement en I0I6 (le privilège est de novembre I6I4), traduites, \e^ six premières par Rosset, et les six autres par d'Audiguier.
3 Nom de guerre du jeune gentilhomme amoureux de la l)ohémienue, ou, comme on disait alors, de l*£gyptieDne Préciosa , dans la Nouvelle de Cervantes.
ou LES ROMANS. SSS
Et sous UD habit emprunté , Pour plaire a mes désirs je trahis ma naissance ;
Pour un destin capricieux Avec des vagabonds je cours en divers lieux , £t fais des laschetez que ma flamme authorise *
N'est-ce pas un double malheur ?
J*ay perdu jusqu^à ma franchise ■
Et je passe pour un voleur.
Trio logogriphigeois.
Ut re mi fa sol sol re mi fa , Alcaminanda romanti Calliparifa Gran nazo mostrara mollinero Et beherto fnrfanti cimusi , Et almenalo deviassol, In re mi fa sol re mi fa sol.
Pour les FEMMES ILLUSTRES *.
ENTRÉE XVIII
Bien que tout le monde ait vanté
Les charmes de nostre visage ,
Chacun sçait que nostre courage
Fut plHS grand que nostre beauté.
Vous qui cherchez un rang parmy les immortelles,
Il ne suffit pas d^estre belles , H faut pour triomplier avoir bien combattu :
Apprenez donc, par nostre histoire, Qu'on ne sçauroit entrer au Temple de la Gloire
Que par celuy de la Vertu.
' Ma liberté.
' Il avait paru à cette épo<|ue plusieurs ouvrages sur les femniea illustres, les UDS profanes, comme les Fies des Dames illustres , par Braiilùme; les autres sacrés, comme les f^ies des très-illustres et très-saintes Dames vierges et martyres, par Ballesdens (1036, in-s"). Mous ne savons auquel de ces ouvrages il est full ailosioD ici, et il est mùme possible qull ne soil fait allusion d aucun d'eux.
FIN