SUR LE BALLEI DE L'ORACLE DE LA SYBILË DE PAMOUST
Voici un des ballets de la cour do Gaston , puisque nous sommes avertis (Mir le titre mémccpril fut dansé â THôtel du Luxembourg. 11 est vrai qu'on le dansa aussi au Palais-Royal, (Kaprès les indications du titn> ; mais quoique, par res|)ect et pour sui\re les lois de Tctiquette, les libraires aient dA «crire le nom du Palais-Royal avant celui du Luxembourg, peut-être fut-il donné d*aI)ord dans ce dernier lieu ; il est \TaisemblabIe du moins qu*on le fit surtout eu vue de la cour de Gaston, autant qu'il est permis d'en juger par tout ce que nous savons de cette cour, et par la lecture du ballet même, qui présente toute la physionomie des divertissements représentés dans le cercle de ce prince, avec moins d'obscénité toutefois, parce cpi'il devait |>asser aussi sous les yeux de la régente et du jeune roi. Louis XIV n'avait alors que sept ans, et Gaston était le seul prince du sang qui pût conserver chez lui «l*une façon ininterrompue les traditions du règne précédent sur ce point. On remarquera, d'ailleurs, cpie le livret n'a point pani chez Ballard, qui, en sa qualité de seul imprimeur du roi |K)ur la musique, avait le privilège exclusif de publier les I)aIIets dansés à la cour royale.
La versification en est assez bonne, et le style trahit une main exercée. .
Le sujet est tiré du' livre 111 de Ral)elais, dont l'ouvrage a tant fourni aux ballets burlesques, aux farces et aux comédies du dix-septième siècle. C'est ainsi qu'il existe encore la Bouffonnerie rabeleisque, dansée sept ans auparavant, le Ballet des Pantagruelistes y le Ballet de la vénérable svbile de Pansoust de Rabelais (tous deux iu-4'^, s. d. etc.)
Le Ballet de l'Oracle de la sybile de Pansoust est très-rare , et n'a même pas été connu de Beauchamps, qui ne le mentionne nulle {Mirt dans ses Reclierches sur les tliéâtres. 11 a été publié à Paris , chez Jean Dessin, rue de Reims, près la porte du collège, avec permission (1045).
Parmi les principaux courtisans qui dansèrent dans ce l>allet, et dont les noms sont indiqués en marge du livret, nous remarquons MM. de Urion , de Saint-Agnan, de Genlis, de Luynes, d'Aluy, de.Saintot, de Rouennez, de Gomenge (nous ne changeons rien à l'orthographe), de Mouglàs, de Clin* chant, etc., que nous l'ctrouverons pour la plu^iart dans les ballets de la cour du roi.
^ r»nH^ .,
' fiî