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ENTRÉE XVIII ET DERNIÈRE

Deux Espagnols et deux £spag>ol£s qui viennent consulter la Sibyle pour sçavoir quand la guerre finira,

La Valeur est chez nous, et tient à son costé

La Générosité; Les autres nations nous les traitons d'esclaves,

Mais nous vivons de raves '.

La guerre est tout nostre élément ;

Mais, pour ne point faire les braves,

Elle a duré trop longuement.

RÉPONSE DE l'OBACLE.

Tout chacun souhaite à plein zèle Tant de débats se terminer ; Mais la Paix est une pucelle Fort difficile à gouverner.

■ Ëpigramme contre les fanfaronnades et la pauvreté des Ës|»acnol8, qui étaient l'objet des mêmes railleries perpétuelles que les Gascons. On eu trouve lieaucoup d*aulres, et souvent plus mordantes, dans les ballets de la cour, par exemple dans la Mascarade des plaisirs troublés (1057), et dans la Boutade du Temps perdu ( s. 1. n. d.) :

L^eSPAOOL QLI VLIT PRENDRE L\ LISE AVEC LES DENTS.

Je n'o«c reupirer, de peur qae de mon souffle

Je n'ébranle tout l'unlvrrf. j

Il n'est point de vaUlan<i que d'un coup de pantoufle

Je ne fasse choir à l'enven».

Kt ma valeur icy, mépri^nt la fortune.

Se veut aller prendre à la lune.

r/est tout n fait le type du capilan, que d'ailleurs notre vieille comédie avait surtout emprunté à l'Espagne.

FIN

NOTICE

Le Ballet des rues de Paris a été publié saiis nom de libraire et saus date (iu-4''}. 11 est proI>ablc que le livret qui est arrivé jusqu'à nous était simplement destiné à être distribué ou vendu au\ spectateurs, dans la salle même, ce qui explique Tabsence de toute indication d'éditeur. Ueauchampsle range, parmi beaucoup d'autres I)allets également saiis date, à la suite de l'année 1643, à la fin du règne de Louis XIll ; mais le Jourual d'Olivier d'Ormesson, publié dans ces derniers temps ' , nous i>ermet de le placer à la véritable époque de sa repi-ésentatiou. Ou y lit en effet, sous la rulirique du 27 février 1647 : n Je fus avec M. et M"»e de Sévigné chez M. du Verger jMurleur affaire ; 41s soupèreut ce soir-là au logis , et firmes voir après souper, chez M. Noviou , le Ballet des rues de Paris, qui n'est i>as grand'chose. » Eu faveur du renseignement qu'il nous donne, nous passons volontiers à d'Ormesson cette appréciation dédaigneuse, d'ailleurs assez natun4Ie, surtout de. la part d'un magistrat et d'un contemporain. Le Hall et des rues de Paris est donc de 1647, et il fut représenté chez le président Novion ; mais il est probable qu'il le fut ailleurs aussi, et cpie c'était là un de ces ballets voyageurs, entrepris et exploités par uni; troupe ad lioc, qui les promenait d'hôtels en hôtels, comme le Libraire du Pont'Neuf ou les Romans, 11 n'est pas moins probable que, dans ces pérégrinations, il dut', comme ce deniier encore, se présenter devant la cour, très-friande de toutes les nouveautés eu ce genre, et qui n'en laissait guère échapjier. Le caractère particulier de l'ouvrage et la natuiT des cfiuivoques dont il est rempli donnent surtout à croire qu'il eut ses eutrés au Luxembourg, et contribua au divertissement de la cour de Gaston.

Ce ballet se rattache par quelques points à un genre de plaisanterie fort usité au dix-se]>tièinc siècle, et (|u'on rencontre fréquemment dans les plaquettes et pièces volantes du temps. Ce jeu d'esprit consistait à tirer |>arti du nom d'une rue, d'une hôtellerie, d'une enseigne, pour en faire sortir des allusions comiques ou satiri(|ues , et opérer des rapprochements plus ou moins burlestpies enln^ ce nom et le nom, ou la condition , le carac-

* Par M. Chérnel, dans let Documeuls inédits relatifs à l'histoire de Fmnee, 2 to> laaes iD.4*.

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