RÉPONSE DE L*0R4CLE
Si tous les fous et les yvrognes Ont don de prophétie en soy, Vous pouvez passer à vos trognes, Pour plus grands oracles que moy.
L6 BOY An ARC HE, SUT une brouette^ assis dessus un tonneau^ suivy des siens.
Moy qui suis un grand potentat, A qui tant de fortune et d'honneur on souhaite, £t qui me puis vanter, remplissant ma brouette,
Que je remplis tout mon état^ Que je sçache en un mot ou mon gain ou ma perte, Que deviendray-je enOn ?
RÉPONSE DE l'oracle.
Pileur de sauce verte.
Deux aveugles conduits par deux boiteuses bossues, qui vont chercher l'oracle.
Nous sommes tous quatre en posture De faire des souhaits de bizarre nature. Et n*avons seulement besoin, pour estre mieux^
Que de jambes et d*yeux.
REPONSE DE l'ORACLE.
Courage ! Bien que Tun boite ,, Et qu'à l'autre tout soit deuil ,
Dès que V\xa ouvrira Toeil, L'autre aura la jambe droite.
POLEX A N DRE f ^ «a suitc cherchant Vlsle inaccessible ' .
J'ay vcu la mer, j'ay veu la terre,
J'ay fait la paix, j*ay fait la guerre, Tantost à la campagne et tantost à la cour; Je me suis en cent lieux transporté dans peu d'heure, Et je n ay sceu jamais arriver où demeure L'illustre objet de mou amour.
BÊPONSE DE l'OBACLE.
Tu dois, à ce que je prévoy, Continuer dans ta poursuite :
Un aveugle ' y voit mieux que moy, Et tu dépens de sa conduite.
ExNTRÉEXlIL
Feenand Mendez Pinto, avec deux matelots, consultant l'oracle sur la découverte de Cisle de Calampluy '.
Je ne crains perte ni naufrage.
Et dans le plus Tort de Forage C'est où j'ay l'esprit le plus sain :
En vain Neptune se courrouce, Il faut que sa Tureur s'émoussc Contre mou illustre dessein.
> Le principal nœud du roman de Polexandre, par Gomberville (163 2, 4 vol. in-i" ), estla recherche de l'Ile invisible, où le prince veut trouver V illustre objet de son amour,
* L'Amour.
3 Fernan ou plutôt Fernâo Mendez Pinto est un célèbre voyageur portagala du seizième siècle» dont la relalion {Peregrinaçam^pabllée pour la première fois en iGii) eut un succès prodigieux et fut traduite dans presque toutes les langues de PEurope.
DE LA SIBYLE DE PANSOUS-T. 273
RÉPONSE DE L*OaAGLB.
Vous aurez bientost fait conqueste De risle et de ses habitans.
Si vous jurez dans la tempeste Et priez Dieu dans le beau temps.
IHnx CHEVALIERS ERRANS Cherchant leurs maistresses.
^os mains au combat animées Ont saccagé plaines et monts, Nous avons jousté sur les ponts, Nous avons défait les armées.
Il n'est ny monstre ny géant Que nous n'ayons mis à néant Par nos fatigues et nos veilles ; Mais nous ne trouvons point les palais encliantés Où régnent ces deux déitez Qui nous font faire ces merveilles.
RÉPONSE DE l'oracle.
Sortez du royaume des Fables, Et coulez-vous, sans dire mot.
Au logement des Incurables Que vous a marqué don Quicliot.
Les IMMODESTES 'y Consultant quand le bon temps reviendra.
Que Ton néglige nos talens !
J'ay veu que nous étions trop riches Quand nous n*avionsque deux chalans, Pourveu qu'ils ne fussent point chiches. O que de malédiction
• Oo découvrira aisémoDt , par la lecture des vers, ce que sIgnUie au Juste œlte déoominaliOD pudique. La vacation était g&lée par la guerre avec TEspagoe.
OONTUP. DE MOLlàRB. — II. 18
Tombe sur la vacation Et rend le métier inutile!
A présent je ne pense pas Que tous les péchez de la ville ' Nous peussent roumir un repas.
BÉPONSE DE L*OBACLB.
Sans embarrasser ni confondre Vostre jugement éperdu, Tout ce dont je vous puis répondre Est un] commissaire assidu.
ENTRÉE XVL
Trois DpRiMÈNEs », qui cherchent la bonne fortune chez la Sibyle.
Nous avons les yeux assez doux, Et ne manquons point de mérite ; xMais la plus sévère de nous N'est pas autrement hypocrite.
^ Nous n'affectons point de sçavoir
Les^Jois d'honneur ny du devoir ; Mais, malheureuses que nous sommes, On se plaint de nous à loisir.
Et cependant il est peu d'hommes A qui nous n'ayons fait plaisir.
RÉPONSE DE l'oracle.
Mettez vostre argent à la banque Et prenez viste le galop : Aussi bien le Canada manque De ce que Paris a de trop *.
I Ce mol est pris ici pour coquette el même un pou plus que cela. On voit que Molière n'avait pas choisi le nom au liasard, quand !1 appela Dorimène la marquise du Bourgeois gentilhomme,
> On transportait les filles do mauvaise vie au Canada. Les deux Jeunes Hollandais, dont M. Faugêre a pul)lié le Journal d'un voyage ù Paris^ en I6&7>58, ênumèrent, comme les cinq merveilles du règne de Louis XIV, < la défense des duels en telle sorte que personne n'ose plus se battre ; le désarmement des laquais, dont il n'y en a pas un qui ose porter Tépée ; le renfermement des iNia*
DE LA SIBYLE DE PANSOUST. 275
ENTRÉE XVII
Detix Gueux et deux Gueusesçw* cherchent le moyen de parvenir ' .
Bien que vous nous voyiez gueuser pnr les maisons,
II D*est pas un de nous qui pourtant ne se flatte,
Et nous avons encor d'autres démangeaisons
Qui nous viennent ailleurs qu'aux lieux où l'on se gratte ,
Car nous ne sçaurions nous tenir
D'essayer tous a par\enir.
RÉPONSE DE L'OBACLE.
Coupez quelques bourses honnestes.
Et soyez pris tout d'un plain saut :
Fussiez-vous plus bas que vous n*estes, Vous ne parviendrez que trop haut.
RÉCIT
■-'/ deux visages, dont l'un sera musique d'instruments, et retour* nant l'autre visage, musique de voix.
VESTUS A l'espagnole.
Quoy ! faudra-t-il toujours vivre dans la tristesse !
Nos maux n*auront-ils point de cesse,
Et ne reverrous-nous jamais L'Abondance et la Paix * ?
La France endure peu dedans cette querelle ;
Nous sommes bien plus pressés qu'elle :
vKS. dont il n*y pn a pas un qui mendie ; la juntrauUe tirs p.... qu'on curoye pour fteupler tex Canatitut, et a présent la recherche des vagaljonds et lilouiL » (p. 314).
' (Test une allusfon au titre de l'ouvrage fameux de Bi*roaIde de Yerville. Il exbtedeux hallels uu mascarades des vrais moyeux de parvenir^ l'un, s. I. n. d., que possédait M. de Soleinne ( Calaloj^ue, 111, p. 03, n" 3275 ), et range à (ort soas la date de IGo4 par le (Catalogue de la Bihiiotliè(|ue impériale ( Y, (i()23], qui I*a confondu avec le suivant ; Tautre dansé a Lyon en 1051, et publié la même aonée, In-4-. (Beauchamps, Rvchercffs sur les ihèdtrcs. III, p. 137.) Nous reprodoisoM le premier.
' Ceci a trait à la guerre de la France contre l'Espagne, ou le duc d'Enghien se couvrait de tant de gloire, et battait les Espagnols d'une façon si complète.
27f. L'ORACLE DE LA SIBYLE DE PANSOL'ST.
Elle reverra désormais L'Abondance et la Paix.
Il vaul mieux luy céder, puisqu'enfin tout luy cède : Nous n'avons point d'autre remède Par où nous revoyions jamais L'Abondance et la Paix.