SCENE
DAMON, CLIJMDOR, YAINTF:, en habit de garçon.
DAMON. Demandons en passant si ma nièce et sou frère
Sont encore au lo^is; nous n'arresteroos guère.
Car nous n'entrerons pas. J'apperçois mon neveu ;
Nous ferons bien, Monsieur, de le gronder un peu.
Quoy ! mon neveu n*est pas encor chez sa maistresse ,
Et le jour d'un contrat il fait voir sa paresse! CLiNDOB. Monsieur, Damon et moy dès longtemps sommes prests,
Quoy que nous n'ayons pas de pareils intérests. DAMON. Nous venons de ce pas du logis du notaire,
Pour voir s'il n'avoit rien omis de nécessaire ;
Mais faites promptement descendre vostre sœur
Pour venir avec nous.
YANTE. Hélas! par un malheur.
Elle n'y peut aller.
DAMON. Quel?
YANTE. Elle a la migraine.
Qui la tourmente fort.
DAMON. Ah! cette excuse est vaine.
Car chez monsieur Clindor elle vit librement. CLINDOB. Tout est comme chez elle a son commandement. YANTE. Elle est déshabillée, en désordre, et mal faite. DAMON. Qu'elle prenne une écharpe avec une cornette. YANTE. Mais...
DAMON. Allez sans répliquer et l'amenez icy.
Ou bien j'iray moy-mesrae.
YAiNTE, entrant dans le logis. Ah ! qu'est-ce que cecy!
Inventons sur-le-champ quelque ruse subtile
Qui nous puisse tirer d'un pas si difûcile. DAMON à Clindor. Elle s'en va descendre; attendons un moment,
Puis nous la conduirons chez vous tout doucement. CLINDOB. Apprenons si son mal, devant, le peut permettre,
Ou luy donnons un peu de temps pour se remettre. Il ne faut pas, Monsieur, la délicater tant. La migraine parfois est un mal violent. Quelqu'un met au logis la teste à la fenestre. Je crois que c'est Yante.
Ouy, je la vois parestre.
Yante, pourquoy donc ne descendez- vous pas? YANTE paroist avec une cornette et un peignoir.
Hélas 1 je n'en puis plus, j'ay peine à faire un pas. Et qu'avez- vous donc tant?
Un mal de teste extrême, Avec un mal de cœur.
Elle a le teint fort blême :
Son mal doit estre grandi
Je sens à tous momens , Si tost que je prens l'air, des éblouisseraens. Faites-la mettre au lit, de peur d'une foiblesse. Puisque Tair vous fait mal, retirez- vous, ma nièce. De la faire sortir il n'est pas à propos : Son mal n'a seulement besoin que de repos. Séline, comme Yante, a souvent la migraine. Mais un peu de repos finit bientost sa peine. Ma nièce n'est pas bien.
Elle est mal tout de bon.
YANTE, en habit de garçon.
Ma sœur m'a fort prié d'obtenir sou pardon De ne pouvoir aller chez vous à l'assemblée : Vous avez veu qu'elle est de douleur accablée. Et ne peut pos sortir.
J'en suis au désespoir; Je voudrois la servir et de tout mon pouvoir. Son mal est sans péril.
Mais elle a besoin d'aide ; Allons la visiter.
Elle a pris un remède Qui ne luy permet pas à présent...
De nous voir.
Si son mal diminue, on la verra ce soir. Vous l'excusez donc bien.
Je reçois son excuse.
VANTE, bas. Tout va bien : pas un d'eux n'a découvert ma ruse. DAM ON , à Yante^ qu'il prend pour son neveu.
DAMON
CL1ND0R
DAMON
CLINDOR
DAMON
DAMON YANTE.
CLINDOR
YANTE.
CLTNDOR.
DAMON
CLINDOR
DAMON
CLINDOR
CLINDOR
DAMON
CLINDOR
YANTE
CLINDOR
YANTE.
CLINDOR