‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 16 sur 325 · MAROT, LISETTE · texte numérisé non relu

MAROT, LISETTE

M A ROT

LISETTE

MABOT.

LISETTE

MABOT.

LISETTE

MABOT.

LISETTE

MABOT.

LISETTE

MABOT.

LISETTE

MABOT.

Pourroit-on dire un mot à l*aimable Lisette? Je ne suis point aimable^ et suis fort imparfaite. Mais que me voudrois-tu ?

Te doimer le bonjour, Te dire que je meurs.

De quelle mort?

D'amour.

M'as-tu pas remarqué ta maistresse et mon maistre, Comme ils s'aiment tous deux, comme ils le font paroistre? Nous pourrions, ce me semble, aussi les imiter. Marotest un railleur et voudroit m'en conter; Les hommes sont trompeurs , j'en connois la Gnesse. As-tu plus de vertu que n'en a ta maistresse! Damon à bon dessein paroist son serviteur; Je ne sçais pas le tien, et suis fille d'honneur. J'ay pour toy, tout de bon , un amour légitime ; J'aimerois mieux mourir que de penser au crime. . Asseurément je n'ay qu'un bon dessein pour toy, Foy de valet, j'en jure, et c'est la bonne foy. Parle-moy franchement , sans faire trop la fine : • Lequel sers- tu des deux, ou Clindor ou Séline? Moy, je les sers tous deux.

C'est avoir de l'esprit :

Quand on eu sert plus d'un on a double profit. Toy, quel est chez Damon • ton employ d'ordinaire ? Je suis maistre d'hostel , écuyer, secrétaire , Controlleur, sommelier, valet de chambre enfin ,

' Ce n*e8t pas le vieil oncle, mais le faax neveu. Il est bon de faire remarquer pour éviter les malentendus, quMls portent le même nom, comme il a été dit plus haut (I. se. i).

20 LES INTRIGUKS AMOUREUSES.

Et de nostre maison je fais seul tout le train ;

Je sers à Tescurie, à la chambre, à rofGce,

Et de vingt ofGciers je t'offre le service. LISETTE. C'est trop , et je n'ay pas besoin d'en avoir tant :

Je craindrois que quelqu'un me devînt inconstant. MABOT. Ah! n'appréhende pas que pas un d'eux te quitte,

Gir tu n'as rien à craindre avec tant de mérite.

Si j'ay divers emplois , diverses qualitez ,

Tu fais briller aussi différentes beautez :

N'en voit-on pas plusieurs en l'aimable Usette ?

N'es-tu pas blanche, grasse, enjouée et bien faite.'

N'astu pas de l'esprit, des vertus, des appas,

Et cent autres beautez que je ne nomme pas?

Il faut qu'à sa maistresse un serviteur ressemble,

Et nous sommes tous deux un et plusieurs ensemble. LISETTE. Marot a l'esprit beau , subtil et raffiné ;

Sitost que je t'ay veu, je l'ay bien deviné. MABOT. Tu feins de m'admirer, mais c'est moy qui t'admire :

Pour t'en mieux asseurer, ois mon cœur qui soupire. LISETTE. Ce n'est rien que du vent.

MABOT. Non , non , je ne feins pas :

Peut-on estre insensible auprès de tant d'appas.'

Mais si d'estre constant je te fais ma promesse ,

Serviras-tu mon maistre auprès de ta maistresse? LISETTE. De bon cœur.

MABOT. Parle donc franchement entre nous :

Timandre luy plaist-il ?

LISETTE. Non, il est trop jaloux.

MAROT. Et mon maistre?

LISETTE. Elle en est ardemment amoureuse.

Elle est depuis un temps inquiète et resveuse ;

Elle parle de luy sans cesse, à tout propos ;

Elle perd le manger, elle perd le repos;

Souvent sans fermer l'œil Séline s'est couchée. MABOT. Si tu m'aimois autant!

LISETTE. J'en serois bien faschée.

Et quand cela seroit, hé bien! que ferois-tu? MABOT. Je ferois en amour, Lisette, un impromptu. LISETTE. Cela seroit fort bon, qui te laisseroit faire. MABOT. Sans faire à contre-temps la prude et la sévère,

Perm ets- moy seulement. . .

LISETTE. Je m'en garderay bien.

MABOT.

LISETTE

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