LES SAYETIERS, AUX DAMES
Nostre métier est sans repos :
On y racoustre, on y décrotte, £t mesme en sifflant la linotte * Maintenons toujours le fil grosi
I Cest la rue Saint -Élol aciaelle, allant de la rue de la Vieille-Draperie à celle de la Calandre. Elle ne prit ce dernier nom qu^ao dix-huitième siècle. Elle s'appelait d'atwrd de la Chevalerie ou de la Cavaterie, de la basse latinité cavator, qui voulait dire à la fois graveur (orfèvre) et corroyeur. 11* est possible que son nom lui vint des orfèvres qui s'étalent établis dans cette rue , percée sur l'emplacement d'un monastère et d'une église édifiés par leur patron saint Êlol, et tout près de laquelle celui-ci avait demeuré. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'elle s'appelait de la Savatterie dès le quatorr-ième siècle, époque où les savetiers vinrent s'y fixer, . et n'eurent qu'à modifier légèrement le nom de la rue pour l'approprier à sa nou- . Telle destinaUoD.
* Cette parUcularlté très-lnllme de l'histoire des savetiers au dix-septième siècle est confirmée par lieaucoup d'aulres témoignages. Voir en particulier V Avocat sans pratique de Roslmond (1665), à la scène V. Une des entrées de la Boutade du temps perdu (s. I. n. d.) est même intitulée : le Savetier qui enseigne à »\ffler à un pourceau. Tout les auteurs du temps qui mettent en scène ces savetiers, dont les petites échoppes s'élevaient à chaque coin de rue, La Fontaine, d'Aceilly dans une de ses épigrammes, etc., les présentent comme des chanteurs intrépides et de Joyeux compagnons.
Rares beautez, qui manquez de chaussure, Sans tournoyer, venez à nous tout droit. Kt nous laisser prendre vostre mesure.
Car nous avons celle qu'il vous faudroit.
La rue des Lavandières \
LES LâVANDIÈBES.
* Si tost que le jour est venu,
^ous allons battre a la rivière,
Et passons la journée entière
A savonner gros et menu ;
Nous nous diligentons surtout
Quand nous approchons du dimanche,
Et nous mettons, pour en venir à bout,
A toute heure la main au manche.
ENTRÉE VIII
La rue des Singes ■.
LE GOUVERiNEUR DES SINGES.
Ma Grandeur seroit sans seconde Si je pouvois également Tenir sous mon gouvernement Tous les singes qui sont au monde.
Chaque jour^ nous apercevons Que tout est plein de singerie, Et les singes et les guenons Font une grande confrérie.
> n'y avait, dès le treizième siècle, deux rues connues tous ce nom, h cause des blanchisseuses qu'y attirait le Tolsiiiage de la Sefne.
^ Dans le DU des rues de Paris, parGuillut, qui est de la lin du treizième siècle, on trouve déjà la rue à Singes. Ce nom lui vient, dit-on, de ce quVIIe renfermait une maison aux singes, c*est-à-dlre probablement décorée d*une ou de plusieurs efligies de singes sur sa façade, comme était celle où naquit Molière.
28fi BALLET
I/i rue Oeoffroy^r Àsnier ".
(iKOFFBOY L*ASN1EB.
Que mon asne me fait de mal !
Il marche d*un pas inégal :
Cest sa paresse coustumière.
Te liasteras-tu pas? Marche donc, gros vilain, Car j'enrage d*estre au moulin Pour baiser la meusnière.
//' RÈCn\
AUX DAMES
La rue des ( hantres*.
Noslre rue est toute de voix,
Mais tous les chantres qui Thabitcnt
iN'en ont pas assez toutefois Pour exprimer les vœux que vos Leautez méritent Aussi, divins objets, le moyen de parler,
Si, vous voyant, il faut brusler !
Vous estes les charmes des cœurs, Cest pour vous que chacun soupire.
Et d'un seul trait vos yeux vainqueurs Vous font sur les esprits un souverain empire : Donc, ô divins objets, le moyen de parler, Si, vous voyant, il faut brusler !
' Cette nie, qui existe encore, se nomma Jusqu'au milieu du quinzième siècle rue Frogier ou Forgief'V Asnicr : Fcoftié est l*anagramme de Géfroi. (La Txlina, Diciionn. des rues de Paris.) Otle dernière particularité rend fort douteuse i*explicalioQ de ceux qui veulent que la rue ail tiré son nom d*un riclie bour> ^eois qui Tliabitait. Cependant elle s'appelle simplement rue TAsoier sur le plan de (;oml)OUst, et il y avait alors une famille de TAsnler très-ronnue.
- Petite ruelle de la Cité, habitée surtout par les chantres de Notre-Dame.
La rue Poupée et la rue des Marmouzefs » .