‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 235 sur 325 · AU ROY · texte numérisé non relu

AU ROY

Grand Roy, quel destin est le vostre?

Vous avez maintenant tout le monde à vos piez ,

Et peut-estre estes-vous vous-mesme aui pieds d*aD autre. Si l'Amour a sur vous remporté la victoire ,

Il est beau que vous lui cédiez :

La Gloire vous le dit, vous Yen pouvez bien croire.

Jugez j par vostre inquiétude , Comme en vain l'on prétend s'affranchir de ses loix , Et ne rougissez point d'un peu de servitude : Si mesme jusqu'aux Dieux il étend sa victoire,

Il ne fait point de honte aux Rois :

La Gloire vous le dit , vous l'en pouvez bien croire.

ENTRÉE l.

JUPITER, APOLLON, MARS et VERCLRE , vaincus outre/ois par VAmour, sont représentés par des esprits, comme ie reste des entrées gui suivent, pour la gloire de sa puissance.

Les Dieux ont témoigné des transports violens , Et la galanterie est par eux observée ; Je croirois que ces Dieux se la sont réservée. Car les pauvres Mortels ne sont guères galans.

EiNTRÉE II.

MOME, bouffon des Dieux , suivy de six imsensez qui ont perdu f esprit pour avoir trop aimé.

Pourveu qu'on soit frappé seulement dans le cœur Par le trait d'un bel œil qui nous fait sa conqueste. Cela n'est presque rien , mais c'est un grand malheur Quand le coup répond à la leste.

ENTRÉE m.

TALESTRis, reine des Amazones^ que sa fierté et son aversion pour les hommes ne sccurent empescher d'aimer Alexandre, paroisi avec quatre autres amazones amoureuses ,

Pour MONSiEiR, /r^re unique du Roy, représentant tilli^tkis.

Charmante voisine du trosne, Où le ciel a versé ce qu*il a de meilleur.

DE PSYCIIË. 43t

Comme une véritable et parfaite Amazone, Vous avez la beauté tout ensemble et le cœur : Comlne telle par tout vous gagnez la victoire , £t comme telle enfin, divine Talestris , Vous ne chérissez rien à Tégal de la gloire , Et ne haïssez rien à Tégal des maris.

Ainsi que ces belles guerrières, Vous portez dans les cœurs d'inévitables coups , Et sçavez triompher de toutes les manières. Vos bras deviennent forts , vos yeux sont fiers et doux ; Vous avez de Famour pour le grand Alexandre , De qui toute la terre admire les progrès : Vous en aurez le cœur, et vous pouvez prétendre Que vous rattraperez, si vous courez après.

Pour le M ABQUis DE GENL1S, amazonc

Amazone, discrète et sage^ Sans que vostre pudeur en soit blessée en rien , J*oserois assurer, et je gagerois bien , Que vous avez le corps plus beau que le visage.

UKHC'AjfTomEfSuivy de la pbofusion et de rAV£UGLEMBNT,7tf/^ après avoir fait d^ excessives dépenses pour Cléopàtre, se fit enfin mourir pour elle.

De cette passion, qui se peut garantir ? De mesme que César il s*en faut divertir ; Mais, comme Marc- Antoine, il ne s'en faut pas faire Une si furieuse affaire.

Huit GLÀDIATEUBS, de C€ux que le mesme Antoine donna autrefois pour spectacle à Cléopàtre^ faisant un combat à outrance. * Pour le M ABQUIS DE BICHEL1EU ', représentant un gladiateur.

Quoyque jeune, en cent combats, Vostre cœur et vostre bras

* Jean- Baptiste AmaJis Vignerot, marquis de Richelieu, né le 8 novembre 1633, mort le il avril I6O2, fut lieutenant général des armées du roi , gouverneur du

Ont eu beaucoup d'avantage; Et vous avez mis au jour Force preuves de courage , Et quelques-unes d'amour.

5fx Esclaves mobes, donnés par luij-mesme à celte reine d' Egypte ^ dansant avec beaucoup de disposition et d'adresse.

Le DUC DE GUISE ', représentant un esclave.

Ce Dieu m'ay ant rangé sous son obéissance , M'a toujours fait subir d'impérieuses loix ; Et je n'eus de ma vie encore en ma puissance Le cœur qu'aux ennemis j'ay montré tant de fois '.

Le duc damville , représentant un esclave.

Captif , si jamais je le fus , Loin de vouloir ne l'estre plus , J'aspire à Tcstre davantage ; Et tout mon plus ardent souhait Est que bientost le mariage Serre le nœud qu'Amour a fait.

ENTRÉES VU et VIIL

Les bacchantes, bien plus éprises de la fureur d'amour que de celle du vin, mett-ent obphée en pièces, de rage de se voir refusées par luy.

Havre, et capiUine du château de Saint-Germain et de Versailles. Loret loue sa valeur el son courage (XIH, 65). Parmi ses quelques preuves d'amour^ rappelons simplement qu'il était , suivant plusieurs Mémoires, Pâmant secret de mademoiselle de La Mothe d'Argencourt, quand elle atUra les regards du Boi.

I Henri II de Lorraine, cinquième duc de Guise, né en 1614, mort en 1604, si célèbre par ses aventures guerrières el galantes.

3 Le duc de Guise passa presque toute sa vie en intrigues amoureuses. On oonnait les passions qu'il éprouva successivement pour la princesse Anne de Gonzague, pour la comtesse de Bossuet, qu'il épousa et dont il voulut ensuite se faire séparer, puis et surtout pour Mtie de Pons, iille d'honneur de la reine, qui Unit par le trahir en faveur de sou écuyer Malicorne.

DE PSYCHÉ. 43i

Pour le MARQUIS DE GEifLis, représentant orpheb déchiré par les

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