‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 249 sur 325 · SECOND RÉCIT · texte numérisé non relu

SECOND RÉCIT

Chanté par la fobtune qui vient distribuer les billets de la

Loterie,

Mortels, révérez la Fortune :

Sa présence n'est pas commune.

Cest pour vostre bouheur qu'elle vient en ces lieux. J'y trouve des objets si charmans et si lestes % Qu'ils disputent le prix à nos beautez célestes, Et je crois que je suis encore dans les Cieux .

> L*Hôlel d'Anjou était situé au bout de la rue de Bélbisy, ce qui prêtait à ce calembour, dont on comprend aisément le sens. — Dans ce vers, rue compte pour deux syllabes, comme on a vu, à la page précédente, yavjue compter pour trois.

> Si élégants, si bien ajustés.

J'ay receu ces grandes ricliesses

Pour vous en faire mes largesses.

Vous avez bonne part au choix qui m*est soumis , Belles , puisque je puis choisir qui bon me semble , Les Dieux ont de Tamour pour ce qui leur ressemble, Espérez : nous devons préférer nos amis.

jlflTRE RÉCIT DE LA FORTUNE,

Chanté par Monsieur.

Ne vous étonnez pas de me voir toute nue. Tay de quoy contenter leâ plus ambitieux; Chez les rois et partout je suis la bienvenue, De ceux que je chéris j'en fais des demy-dieux. J*a}7ne à faire du bien aux belles, aux gentilles, Et j'ay plus de plaisir quand je le fais aux filles.

Belles, c'est pour vos yeux qu'enfin je veux parolstre. Que je viens icy-bas pour vous offrir mes biens; Si vous les méprisez sans les vouloir connoistre, J'ay pour vous contenter encor d'autres moyens : ' Venez entre mes bras , révérez ma puissance ; Je fournis au besoin la Corne d'abondance.

I.es billets étant prests à estre tirés, intervient l'arrest qui détruit la Loterie , au moyen de quoy il faut rendre l'argent , ce qui donne lieu à ce qui suit.

D^un COLPOBTBUB qui vient afficher les piacarts qui donnent advis d'aller reprendre Vargent à la Loterie.

Pour le COLPORTEUB.

Bien que je sois un colporteur, Belles, je ne suis point menteur; Ne craignez pas qu'on vous dénie Vostre argent, car, suivant l'arrest , Nostre commis est toujours prest , Et pour vous en compter la bourse est bien garnie.

U COMMIS de la Loterie^ et un portefaix qui porte Pargent. Pour le COMMIS, — Nota qu'il est bossu.

Je viens de la provision Pour préparer en bref l'argent qu'il vous fout rendre.

Tout le roonde en confusion Ne manquera dans peu de le venir reprendre. Ne craignez rien ; laissez notre maistre en repos : Pour satisfaire à tout, le commis a bon dos.

Pour le POhTEFAix.

Je rends tout le monde content; Sitost que je parois on m'ouvre la grand'porte :

Ces belles eiî feroient autant Et toutes voudroient bien avoir ce que je porte.

Quelques instruments feront la symphonie , qui servira de Récit avant le Grand Ballet.

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