‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 253 sur 325 · SUR LE MÉTIER D'AUTRUY · texte numérisé non relu

SUR LE MÉTIER D'AUTRUY

entendre durant le sou|ier, retournèrent en la salle du théâtre, dont la décoration ayant été changée pour le hallet, l'ouverture s'en fit par Flore, richement vestue et suivie d'uue troupe de bergers, aussi lestement couverts, avec qui elle chanta un air frani^ois des plus agréables, et lequel apprenoit le sujet de ce ballet, (|ui avnit pour titi*e : Faire le métier cTautrHjr.

« Ensuite parurent les danseurs en habits très-superbes et qui furent admirés en sept entrées qui le composoient. »( La (?«<«/£« les énumère et .décrit rapidement le ballet, mais sans nous révéler aucune particularité curieuse, puis elle continue) :

« En mesme temps (c'est-à-dire en même temps que se terminoit le Iiallet), on apperceut les pyramides tout en feu par une foule extraordinaire de lumières qui, sans rien confondre de Tordre de l'architecture, formoient une brillante perspective, dont la rareté donna de rétounemcnt à chacun. Et, comme les divertissements étoient infinis et qu'ils se suivoieiit presque saus aucun intervalle, à cette surprise succéda une autre, par quantité de fusées de nouvelle invention et admirables pour leur graudeur à feu continuel, depuis leur départ jusques au période de leur élévation, qui se terminoit par une clarté d'étoiles égale à celle des plus beaux asti*es...

n La cour, ayant été conduite avec cinquante flambeaux de cire blanche, du costé que s'élevoient ces belles lumières, se trouva derechef agréablement surprise par une machin;* d'artifice dressée sur le bord d'un rond d'eau, de grandeur unique eu France, laquelle, aussitost que Leurs Majestés se furent placées sous le dais qui leur avoit été préparé, fit voir l'air et l'eau mesme tout en feu , avec un tel tintamarre, qu'à considérer aussi tant de clartez qui tombaient de tous costez, on eust dit que le ciel formoit ce bruit et envoyoit de ses étoiles à la terre, pour lui témoignage de la part qu'il prenoit à ces réjouissances...

«( Ce spectacle, qui u'avoit point eu de pareil dans le royaume depuis longtemps, faisoit justement croire qu'il étoit l'cpilogue de tant d'autres qui l'avoient précédé ; mais la compagnie fut bien étonnée lorstiu'au sortir de là, pensant attendre le jour au chasteau, elle eu trouva encore les façades tout en feu, par un prodigieux nombre de lumières qui en avoient entièrement chassé les ténèbres.

« Le dedans n'étoit pas moins éclairé par une quantité de lustres, les meubles qui avoient été admirés de jour eurent alors un tel éclat qu'ils sembloient surpasser tout ce que la plus gi'ande magnificence auroit pu offrir aux yeux, depuis le Carrousel.

N Disant donc que le Bal s'y fit, pour domier enfin quelque borne à tant de plaisirs et de délices, c'est assez pour faire concevoir qu'il y eut, toute la beauté imaginable, mais... si le lieu paroissoit un petit Olympe, une si brillante troupe ne paroissoit pas moins qu'une assemblée de dieux et de déesses.

« Cette danse royale se termina par une collation si splendide qu'elle répondit parfaitement à la somptuosité du souper... »

La Gazette a consacré un numéro tout entier ', en gi'os caractères, à cette description, que j'ai dA abréger.

>N«63, p. 493, innée 1669.

Page 1