‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 258 sur 325 · CHACUN PAIT · texte numérisé non relu

CHACUN PAIT

Une HARANGBRE, faisant le métier de docteur , donne à six de ses compagnes des leçons de poUlique et de morale.

On rit de voir ces harangères Se mesler d'un métier qui ne leur convient guères; Mais il en est partout qui, n'ayant de talent

Que pour la caque et la boutique,

Ozent prétendre à l'air galand

Et se mesler de politique ■.

Six BAMonEUBS, au lieu de se tenir à l'employ que leur nom semble leur prescrire, meslent au métier de ramoner des cheminées celuy de marchands.

Les BANSEUBS représentant les bamoneubs.

C*est pour Tamour de vous^ ô charmantes beautez. Que nos faces sont bazannées, Et le feu qui nous a gastés N'est pas celuy des cheminées.

H/iClT.

La jalousie s'accuse elle-mesme de faire aussi un autre méfier que le sien, et chante • :

Je tombe comme un autre en ce vice ordinaire,

Et, pour augmenter mou soucy,

Moy-mesme je me mesle aussi

D'un métier dont je n'ay que faire :

Ce métier est de deviner.

Maudit soit le soupçon qui m'en a sceu donner

•CestlÀ sans doute une allusion aux troubles popu^atrex de la France. Il De faut pas oublier que ce ballel fut donné devant la reine Anne d'Autriche, qui avait eu' tant à souffrir de ces troubles.

' Le texte original donne d'abord des vers italiens, et place en regard ceux-ci, qui en sont ia traduction. •

LE METIIÎR D'AUTRUY. 497

1^ malheureuse intelliiîeuce, Car il n'est rien pour moy si doux que rignoraiic(\

L'employ qui devoit m'attacher

Est de craindre et non de chercher

Uennuy dont mon humeur s'irrite.

Les maux que je ne sçaurois voir

Sont autant de coups que j'évite :

Le plus grand de mes biens est de ne rien *sça voir.

Quatre DOCTE,i5Vi8, fasses des disputes de L'école, abandonnent Vétude pour prendre le métier des armes,

AUX DAMES

Sçachant que la valeur touche vos belles âmes ,

Ces docteurs, qui d*amour sentent les douces flainines,

Pour vous, en chevaliers se viennent de changer;

Mais quoy qu'éblouis par vos charmes, Il se sçavent encore assez bien ménager,

Et n'ont pris le métier des armes Qu'au moment que la paix les met hors de danger.

Quatre boiteux veulent apprendre le] métier de la danse, et choisissent pour cela des maisfres aussi peu capables de renseigner qu'ils le sont de l'apprendre.

Vous qui, sur tous les cœurs à vos traits exposée , Usurpez sans effort un pouvoir nécessaire,

Ces boiteux, à qui vous plaisez.

Ont aussi dessein de vous plaire :

Par leur mauvaise danse ils vous veulent charmer; On rit de ce projet que Tamour leur inspire. Mais mille autres, comme eux, voulant se faire aymer

Ne parviennent qu'à faire rire.

CONTEHK DK MOUKRR. — II. ^7.

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