‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 270 sur 325 · LA PAIX · texte numérisé non relu

LA PAIX

Douce Félicité , ne quittons point ces lieux.

LA FBLICIXi.

Douce et charmante Paix , où peut-on estre mieux ?

' Chanté par Mlles Hilaire et de Saint-Chriitophe.

PETITS EifFÀNs Sortent de ce mesme fourneau, en forme de gouttes de mercure.

Pour leà ALCHIMISTES.

Qu'est-ce que le mérite et la vertu sans l'or ? !^*en déplaise aux beaux-arts où Ton se fait instruire, De For en abondance est le meilleur trésor : Heureux qui trouveroit le secret d'en produire ! Qui pourroit s'en passer bien plus heureux encor.

ENTRÉE m.

Deux MAisTRES A DANSER s' impatientent en montrant ta courante à des Moscovites,

MAiST^ES A DANSEB^ impatiens.

Que de corps nial-adroits et comme estropiez ! Qu'outre leur peu d'adresse ils ont peu de lumière , Quand il faut que la teste entende la première Ce qu'on veut faire ensuite exécuter aux pieds.

i[>e(/x PLAIDEURS, impatiens de ta longueur de leur procès^ pressent par une (xitterie leurs procureurs de les achever.

Pour les PLAIDEURS.

Estre amant et languir pour une dame ingrate , Estre esclave et gémir sous les fers d'un pirate, C'est une longue mort, sensible au dernier point; xMais, quoy qu'elle soit dure à celui qu'elle accable, De toutes les langueurs la plus insupportable. Est d'avoir un procez qui ne Unisse point.

DE L IMPATrENCE. 627

SECONDE PARTIE

HÉCiT

J)E L*1MPATIENCE'.

Courons où tendent nos désirs :

11 n'est pas toujours temps de gouster les plaisirs, ^

On ne peut en avoir trop tost la jouissance ;

Il faut presser pour estre heureux, Et TAmour est sans traits, et FAmour est sans feux ,

Quand il est sans im(:atience.

Ces longs soupirs et ces langueurs Ne sont bonsqu*à nourrir d'éternelles rigueurs; En fasse qui voudra la triste expérience :

11 faut presser pour, etc.

ENTIIKE I.

Six PORTEFAIX, impatiens de se décharger de leur fardeau^ le jettent par terre ^ d'où sortent six nains, impatiens d'est re plus long-temps emballez,

POBTEPAix^ aux Dames.

Vous nous voyez gémir sous un faix ennuyeux : Mais, ô divins objets! nous avons plus de peine A soutenir l'éclat qui sort de vos beaux yeux. Et cette charge nous entraisne.

Le COMTE DE MABSAN', représentant un nain.

Que je veux mal à qui me dit Que ma taille est d'une poupée !

'■ Chanté |>ar Mite de la Barrp, accompagnée de Ihéorbes et de violons.

* Charles de Lorraine, comte de Marsan, sire de Pons, prince de Mortagne, ne en 1648, n*avalt alors que quatorze ans. Cétait le frère du fameux chevalier dt Lorraiiy*, et du comte d*Armagnac, que nous avons vu plus haut.

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