LA PAIX
Douce Félicité , ne quittons point ces lieux.
LA FBLICIXi.
Douce et charmante Paix , où peut-on estre mieux ?
' Chanté par Mlles Hilaire et de Saint-Chriitophe.
PETITS EifFÀNs Sortent de ce mesme fourneau, en forme de gouttes de mercure.
Pour leà ALCHIMISTES.
Qu'est-ce que le mérite et la vertu sans l'or ? !^*en déplaise aux beaux-arts où Ton se fait instruire, De For en abondance est le meilleur trésor : Heureux qui trouveroit le secret d'en produire ! Qui pourroit s'en passer bien plus heureux encor.
ENTRÉE m.
Deux MAisTRES A DANSER s' impatientent en montrant ta courante à des Moscovites,
MAiST^ES A DANSEB^ impatiens.
Que de corps nial-adroits et comme estropiez ! Qu'outre leur peu d'adresse ils ont peu de lumière , Quand il faut que la teste entende la première Ce qu'on veut faire ensuite exécuter aux pieds.
i[>e(/x PLAIDEURS, impatiens de ta longueur de leur procès^ pressent par une (xitterie leurs procureurs de les achever.
Pour les PLAIDEURS.
Estre amant et languir pour une dame ingrate , Estre esclave et gémir sous les fers d'un pirate, C'est une longue mort, sensible au dernier point; xMais, quoy qu'elle soit dure à celui qu'elle accable, De toutes les langueurs la plus insupportable. Est d'avoir un procez qui ne Unisse point.
DE L IMPATrENCE. 627
SECONDE PARTIE
HÉCiT
J)E L*1MPATIENCE'.
Courons où tendent nos désirs :
11 n'est pas toujours temps de gouster les plaisirs, ^
On ne peut en avoir trop tost la jouissance ;
Il faut presser pour estre heureux, Et TAmour est sans traits, et FAmour est sans feux ,
Quand il est sans im(:atience.
Ces longs soupirs et ces langueurs Ne sont bonsqu*à nourrir d'éternelles rigueurs; En fasse qui voudra la triste expérience :
11 faut presser pour, etc.
ENTIIKE I.
Six PORTEFAIX, impatiens de se décharger de leur fardeau^ le jettent par terre ^ d'où sortent six nains, impatiens d'est re plus long-temps emballez,
POBTEPAix^ aux Dames.
Vous nous voyez gémir sous un faix ennuyeux : Mais, ô divins objets! nous avons plus de peine A soutenir l'éclat qui sort de vos beaux yeux. Et cette charge nous entraisne.
Le COMTE DE MABSAN', représentant un nain.
Que je veux mal à qui me dit Que ma taille est d'une poupée !
'■ Chanté |>ar Mite de la Barrp, accompagnée de Ihéorbes et de violons.
* Charles de Lorraine, comte de Marsan, sire de Pons, prince de Mortagne, ne en 1648, n*avalt alors que quatorze ans. Cétait le frère du fameux chevalier dt Lorraiiy*, et du comte d*Armagnac, que nous avons vu plus haut.