NOTICE SUR LE BALLET DES MUSES
Ooy, foy de sincère mortel,
Et si TOUS ailes à l'bostel {de BourijogHe)^
Vous y verrez plusieurs entrées,
Toutes dignes d'estre admirées,
De son dernier ballet roynl,
Si galant et si joTial,
Avec diverses mélodies.
Et raesme les deux comédies
Qu'y joignit le tendre Quinault,
Où sa troupe fait ce qu'il faut.
Et ravit par maintes merveilles
Les yeux ensemble et les oreilles.
Depuis hier pareillement
On a pour divertissement
Le Sicilien que Molière,
Avec sa charmante manière,
>lMla dans ce ballet do Roy,
Et qu'on admira, sur ma foy.
il y joint auwi des entrées
Qui forent très-considérées
Dans ledit ravissant ballet.
Eufiu, le 22 octobre suivant, Robinet nous appi'cud encore en ces termes une reprise partielle de ce liallet à la cour :
Nos vaillans paladins de Flandres ,
Ces frions de guerriers esclandres.
En attendant le gay printemps ,
Ciommencent de passer le temps
A ballrr en l'bonneur des Muscs,
Qui ne sont plus filles rutnuses
Depuis que nostrc graud vainqueur
A pris leur iuléresl ùcaur.
Ce qu'où donne sont huit entrées
Qui sont les plus cou^idérèe^
Du ballet de l'hyver dernier,
Ainsi que je l'appris hier :
C'est à sravnir celle des linsqucs
Dont, comme eus, les pas sont fantasques; ,
Des Bergers et des Bohémieujtf
La plupart étranges chrétien 5,
Des Di'mons qui sont laids et bnves,
Des Paysans et des Esclaves^
Des Muuns et des Espagnols
De nos progrès pires que fol»,
Ht qui, dedans leur décadence,
N'ont guère le cœnr à la danse.
Là parait s'rtre enfin bornée la longue suite des représentations de cet illustre ballet, qui fit, pendant trois uioi.i eouséculifs, les délices de la cour la plus brillante du inonde, mit en mouvement (fualre trou]>es de comédiens à lui seul, et donna naissanrc à trois pièces de Molière.
Nous reproduisons t(>\lucllemenl rédilion la plus complète, eu répnrtissant Us Vf rs pour les personnages dans chacune des euirées au\([uels ils se rappportetit.