‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 290 sur 325 · SUR LE BALLET DES MUSES · texte numérisé non relu

SUR LE BALLET DES MUSES

Sravoir de Maures et Mahomu Deux trèa-pervertes nations.

Puis la comédie eu «on jour Divertit de mesme a son tour Par quatre troupes difrércnte* Kt qui sont tontes excellentes.

Pour épuiser jusqu'au bout la série dr ces détails, la Gazette du 25, et après elle les lAittres a Madame du 27 , mous apprennent que la dernière i-eprésentation du Ballet des Muses à la cour, avec les nouveautés qu'on y avait ajoutées, eut lieu le 19, au milieu d'une afflueucc extraordinaire, et que le lendemain dimanche au matin , Leurs Majestés partirent pour aller terminer le carnaval à Versailles, fie jour-là même, la troupe de Molière revenait à Paris, ainsi (|ue nous Tapprend le registre de la Grange, qui ajoute : «( Nous avons ret^u pour ce voyage et la |)ensioii que le roi avoit accordée, deux années de ladite pension, ci : 12,000 livides. »

N(>iis n'avons rien à dire des acteurs de la troupe italienne qui figurèrent dans le Ballet des Muses : Arlequin et Searamonclie sont trop connus, et leur liistoii^ se trouve partout. Mais il ne sera pas hors de propos de dire un m<»t des comédiens Es]>iignols. r.elte troupe se trouvait à Paris depnis 1660. Rtablic d'abord sur les frontière de KEsiiagne, à Saint-Jean de Lin, pendant les cérémonies de la paix et du mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, elle avait joué devant les deux cours réunies, comme M''* de Montpensi<>r le raconte dans ses Mémoires. Puis elle s'était rendue à Paris, y devan<jant de (|uelqnes jours le retour de Leurs Majestés. Elle y obtint d'abord un certain succès,- par Lt nouveauté du spectacle, par ses chants, ses danses, sarabandes et ballets, accom)>agnés de castagnettes. Loiret en parle dans sa lettre du 24 juin 1660, et Chappuzeau notis apprend, en sou Théàtrc'FrançoiSy qu'elle était entretenue par la reine. Elle jouait à l'Hôtel de Bourgogne alternativement avec la troupe royale. Ce succès du premier moment ne se soutint malheureusement pas bien longtemps; néanmoins, malgré le déclin rapide de leur situation , les comédiens espagnols ne quittèrent Paris qu'en 1613. Ce n'étaient pas les premiers qui fusaient venus s'établir chez uou.t, mais jusqu'alors aucune troupe n'y avait fait un s(!Jour aussi long.

Le Ballet des Muses ïïv borna pas là sa glorieuse carrière : de la cour il jwssa sur le théâtre, au moins en {lartie. L'Hôtel de Bourgogne eu donna plusieurs entrées dans le cours du mois de juin 1661, et Molière transjutrta aussi un fragment de ce spectacle sur la scène du Palais-Hoyal, en j donnant, le 10 juin, la première représentation publique de sa comédie du Sicilien :

C'est pour ajouter que pendant Que Louis, à la gloire ardent, S'onvre par delà la frontière Une b«lli4|n«nse carrière.

Messieurs les bourgeois de Paris, De Sa Majestf si chéris, Jouissent de se.* plaisirs meiires ATec des liesses extrènirs.

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