CHA>SO> SUA UN AIR DS MENUET
Cn RERGEB ' chante les deux premiers vers y et le chœur ies répète .
Vivons heureux , aimons-nous , bergère ; Vivons heureux , aimons-nous.
Le BERGER continue :
Dans un endroit solitaire Fuyons les yeux des jaloux .
LE CHOEUR
Vivons heureux, aimons-nous, bergère ; Vivons heuraux, aimons-nous.
LE USBGER.
Dansons dessus la fougère , Jouons aux jeux les plus doux .
LE CHCKUR.
Vivons heureux, aimons-nous bergèn»; Vivons heureux , aimons-nous.
/ // autre bkrger chante tes deux premiers vers, elle rhœur les
répète. '
Aimons, aimons-nous toujours, Silvie , Aimons, aimons-nous toujours.
Le BERGER continue :
Sans une si douce envie ,
A quoi passer nos beaux jours ?
• M. Ft'rnon.
DES MUSES. m
LE CHOEUR
Aimons, aimons-nous toujours, Silvie, Aimons, aimons-nous toujours.
LE BERGER
Les vrais plaisirs de la vie
Sont dans les tendres amours. ^
LE CHOEUR
Aimons, aimons-nous toujours, Silvie, Aimons, aimons-nous toujours.
QUATRE BERGERS et QUATRE BERGÈRES.
Bergers : LE ROY, le marquis de villeroy; les sieurs iîA>is al ^/ LA pierre.
Bergères : ^I ADAMK , madame de montespan , mademoiselle di' LA \ ALLiÈRE, ct mademoiselle de toussy.
Huit Bergers chantants : Messieurs d*kstival, hédoin, oin-
GAN, BLONDEL, MAG^îAN, OAYE. — RUPFEGUIN tf^ AUGE B, pa^f .s\
Huit Bergères chantantes : Messieurs le gros, fernon Vaisné , FERivON le jeune ^ hkbel, cottebeau, lange. — saint-jéan et LiiDEN, pages.
Pour le ROY, berger.
Ce bergtr n'est jamais sans quelque chose à faire, Et jamais rien de bas n'occupe son loisir,
Soit plaisir, soit affaire; Mais raffaire toujours va devant le plaisir.
Il mène des troupeaux dont la bizarrerie Quelquefois tire à gauche au lieu d'aller à droit ;
Pour telle bergerie Jamais pasteur ne fut plus ferme et plus adroit.
Il pourroit de ce faix soulager sa pensée , Mais il ne s'en veut pas reposer sur les siens :
■m LE BALLET ROYAL
La saison est passée Où les bergers dormoient sur la foy de leurs chiens '.
Paissez , brebis , pendant qu'il s'appreste à détruire Avec tant de vigueur tous les loups, s'il en vient ,
Et laissez-vous conduire A qui sçait mieux que vous tout ce qui vous convient.
Pour MADAME , bergère.
Non, je ne pense pas que jamais rien égale
Ces manières, cet air, et ces charmes vainqueurs ;
C'est un dédale
Pour tous les cœurs.
Elle vous prend d'abord , vous enehaisne, vous tue, Vous pille jusqu'à l'âme^ et puis, après cela,
Sans estre émue ,
Vous laisse-là.
L'assassinat commis, qu'est-ce qu*il en arrive.^ Pour le pauvre défunt, hélas! le meilleur sort
Qui s'en ensuive
Est d'estre mort/
Endurez pour quelqu'autre une semblable peine. Au moins vous permet-on soupir, plainte et sanglot;
A cette gesne
L'on ne dit mot.
Telle erreur devroit estre excusable et légère , Qui trompe les plus fins , et leur fait présumer
Qu'élant bergère
On peut l'aimer.
Mais la témérité découvre sa ruine ,
Pour la jeune bergère osant plus qu'il ne faut ;
Son origine
Vient de trop haut.
Qu'icy tous les respects les plus profonds s'assemblent ! Dans un cœur, un tel cœur n'en a pas à demy :
* On sait que Blazarin élait mort en 16ôl, et que Louis XIV, bien différent de 8011 père Louis XIII, régnait depuis lors par lui-même, sans consentir à partager Hon pouvoir avec qui que ce fût.
Tous les loups tremblent Devant Mimv '.
Pour MADAME DE MONTESPAN, bergère.
Que nous serions heureux (Disent les loups entr'eux) Si nous mettions la patte Sur chair si délicate , Ne faisant qu*un morceau De bergère et troupeau !
Elle est prompte à sa fuite , Et garde une conduite Dont chacun est surpris ; Mais nous en avons pris Qui tenoienl mesme route , ' El nous serions sans doute Au comble du bonheur, N'étoit son chien d'honneur!
Ce mot pourra déplaire ; Mais qu'y sçaurions-nous faire ?
Il ne sort rien de doux De la gueule des loups.
Pour MADEMOISELLE DE LA YALLiÈRE, bergère.
Jeune bergère , en ()ni le ciel a mis Tout ce qu'il donne à ses meilleurs amis, De la beauté, du cœur, de la sagesse , Et si j'en crois vos yeux, de la tendresse, ]Ne pensez pas que je veuille en ce jour. Vous cajoler ni vous parler d'amour :
Je scais qu'il est dangereux de le faire. Et je craindrois plus que voslre colère ;
' Peut chien de Madame. (Kotc de Benserade.} Il semble, d^apK^ le récit dti Robinet du 13 février 1GC7, que ce peUt chien ou plutôt cette peUte chienne, dont linéiques Mémoires du temps iront pas dédaigné de s'occuper, jouait »on rrMe en personne dans le ballet:
C'est rlle qui , sur la fougère , Quand noHtrc héroïne est bergère Dans le grand ballet des Neuf Sœurs, Fait trembler les loups raTlsseurs. Klc. <:o\TKsir. DE uoukRE. — II. :<«
j9\ le ballet royal
D'autres que moi s^en acquitteront mieux ,
Je baise ici les mains à vos beaux yeux ,
Et ne veux point d'un joug comme le vostre ,
Je iN)U8 le dis tout franc, j'en aime une autre :
Que cela donc soit certain entre nous ,
Et cru d'ailleurs aussi bien que de vous ;
Sur un tel point soyez désabusée.
Mais, mou amy, quelle est vostre visée ,
Me direz- vous? et qui vous foroe ainsi
A me parler d'un ton si radoucy ,
Et m'attaquer en stile d'élégie ,
Qui de Tamour étale l'énergie ?
Moy ! de Tamour ? ha ! jamais ce n'en fut !
Mon véritable et mon unique but
Est de louer icy vostre personne :
C'est de Tencens tout pur que je vous donne.
Vous me semblez Tomement du hameau ,
Et j'aime à voir, dans un objet si beau.
Parfaitement Tune à l'autre assortie ,
Et tant de gloire . et tant de modestie .
Que vous peut-on souhaiter, et quel bien?
Je crois qu'il Taut ne vous souhaiter rien ,
L'on ne sçauroit croistre uu bonheur extrême :
Et pour tout dire , enfin que sçaisjc mesme
Si , méritant tant de prospéritez ,
Vous n'avez point ce que vous méritez.
Pour MADBMOISBLLE DE TOUSSY, bergère.
Vous avez un troupeau , belle et jeune bergère ,
Que vous garderez bien , Si vous l'allez garder ainsi que vostre mère
Garda toujours le sien ; Elle s'en acquitta de si bonne manière ,
Qu'il ne s'y peut ajouter rien ; Et maintenant encore elle garde le bien En. qui toute la France espère '.
Pour le MARQUIS DE yiLLEROY, berger.
Vous avez un air languissant
' Mlle de Toussi ou Toussy, qui devint dache$se d*Aumont en IG69, était fille atnée de la maréc-hale de La Mothe, gouvernante du Dauphin. (Y. la France galanle^ édit. Delahays, p. 2i)9 et suiv). On voit, dans Moréri, qu'une autre de« tilles de la maréchale porta aussi le nom de Mlle de Toussi.
DES MUSES. â93
Dout voslre troupeau se ressent.
En prendre plus de soin seroit assez lionneste; Mais à si vil employ vostre cœur ne s'arreste :
Quand le berger est jeune et beau
Il ne peut durer dans sa peau ,
Et volontiers a dans la teste
Autre chose que son troupeau.
Kn faveur de clic, qui préside à Ckistoire, voulant représenter quelque grande action des siècles passés , on n'a pas cru pouvoir en choisir une plus illustre^ ny plus propre pour le ballet, que la bataille donnée par alex4ndbb contre porus , et la générosité que pratiqua ce grand monarque après sa victoire , rendant aux vaincus tout ce que le droit des armes leur avait osté,
Ije combat s'exprime par des démarches et des coups, mesurés aux sons des instruments , et la paix qui le suit est figurée par /a danse que les vainqueurs et les vaincus font ensemble.
Alexandre : Monsieur Beauchamp. Porus : ***.
Cinq Grecs : Monsieur de Sou ville; messieurs la Marre, du Pron, DES-AIRS le cadet, et Mayeu. Descouteaux, tambour, Philibert et Jean Hotte re, /lus tes.
Cinq Indiens .Messieurs Paysan, du Feu, Abnald, Jouan et Noblet le cadet. Vagnart, tambour. Piesche et Nicolas Hottere, ^flvstes.
Combat (/* Alexandre et de poru^.
Alexandre et Porus aimoient tant les batailles Qu*environ deux mille ans après leurs funérailles Vous les voyez ici prests à recommencer : Quand on aime la guerre on ne s*en peut passer.
I^our CALLIOPE , mère des beaux vers , les comédiens de la seule troupe royale représentent une petite comédie où sont introduits des poètes de différents caractères.
PERSONNAGES. acteurs.
ARISTE, homme de qualité qui prend soin
d'une mascarade pour le bal M. La Fleur.
SILVANDRE, amy d'Ariste, qui a ordre de
faire une petite comédie pour joindre au bil. M. Floridor. M. LIRA, poëte suivant la cour, qui n*estime
que les sonnets M. Hautbroche.
LE MARQUIS SINGULIER, qui s'attribue
les vers d*autruy M. Poisson.
LA COMTESSE, vieille et galante, qui apprend
à faire des vers . M"*desOEillets '.
Lascètte est dans la galerie du C/iasUaiiDlcufde Saint- GenHain.
I^ première scène est entre Ariste et Silvandre, qui se demandent Fun ù Tautre de$ avis en attendant le bal .
La seconde scène est de monsieur Lira , qui offre ses sonnets à Silvandre pour la petite comédie qu'il doit faire.
La troisième scène est d'une mascarade qu' Ariste a fait préparer pour le bal, composée d'une danse d'Espagnols et d'Espagnoles, dont une partie danse aux sons des instrumens et l'autre danse au chant de deux dialogues.