‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 37 sur 325 · Y\>TE · texte numérisé non relu

Y\>TE

SÉLINE.

Il vouloit S échapper, mais je l'ay retenu. Je le veux accorder avecque vostre frère : ?i'appréhendez donc rien.

Dainon ne le craint guère , Car il est brave aussi.

Je sçais qu'il a du cœur, Mais je veux toutefois empescher un malheur. Et devant qu'il soit nuit apaiser leur querelle. Vous voulez employer Tautorité de belle Pour les mettre d'accord.

TJsandre avec Clindor, Qui sont amis communs, s'entremettent encor. Mais changeons de discours, incomparable Vante, Que je puis dire ensemble et galant et galante. Je ne suis Tun ny Tautre.

Yante est tous les deux Et sçait de plus d'un sexe attirer tous les vœux ; Elle sçait aussi bien témoigner sou adresse Sous l'habit d'un amant qu'en celuy de maistresse. Si j'ay pris de mon frèVe et l'habit et le lïom. Je viens en faire excuse et demander pardon. On pardonne aisément , n'étant point offensée, Et, pour vous expliquer nettement ma pensée, Yante hier au soir se travestit en vain , Car je la reconnus dès l'abord à son sein. part. Elle feint pour cacher sa passion extrénje. Qu'elle a trop fait paroistre; il faut feindre de mesme. Vous m'avez reconnue à l'abord à mon sein? Ouy, pour favoriser un si galant dessein, Et pour mieux imiter en tout l'aimable Yante, Qîii feignoit d'cstre amant, je feignois d'estre amante. Puis(|ue vous confessez d'avoir feint tout de bon. C'est donc à votre tour à demander pardon. Mettons dans la balance et l'une et l'autre ruse, Et pardon pour pardon, excuse pour excuse. Je le veux.

Discourons de nos vrais intérests.

Et seule à si*ule icy découvrons nos secrets. Sans faire trop la prude et trop la scrupuleuse, Nostre condition n'est pas avantageuse : La fille qui vieillit passe assez mal le temps. Les femmes, ce me semble, ont les cœurs plus contens ;

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