SCÈNE III
MAUOT, TIM ANDRE, YANTE.
MABOT. Madame la jumelle, ou monsieur le jumeau ,
Estes- vous damoiselle euOn ou damoiseau ?
Car, pour vous témoigner son amour ou sa haine.
Monsieur le veut sçavdir ; il en est fort en peine. YANTE. Marot n'est pas trop sage, et ne sç^it ce qu'il dit :
L'on peut voir qui je suis en voyant mon habit. TiMANDBE. Mais VOUS cu changez tant, et vous et voslre frère.
Que le plus clairvoyant...
MAROT. Y perd son luminaire.
A ce souris railleur, à cet air fanfaron ,
Pour ne vous tromper point, je crois que c'est Damon. TiMA.\DBE. C'est Yante sans doute.
MAROT. Ah! je ne le puis croire :
Son frère a tout cet air, si j'ay bonne mémoire ;
Il la faut quereller pour en estre asseuré.
Timandre a grand désir de vous voir sur le pré :
D'un rival qui le choque il veut prendre vengeance. VANTE. -Monsieur, approuvez-vous sa grande extravagance.^ TiMANDBE. Je voudrois bien qu'Yaute acceptât son appel :
Contre elle avecque joye on feroit un duel ;
11 est fort glorieu.\ toujours avec les belles.
Et la plus douce paix vaut moins que ces querelles. YANTE. Je ne veux avec vous avoir nul différend ;
Voilà vostrc cartel. Monsieur, je vous le rend.
Pour ne pas attirer sur vous de justes blâmes.
Soyez une autre fois moins cruel vers les dames. TIMANDRE. Marot vous a donné de ma part cet écrit? YAK TE. Hyer de vostre part.
TIMANDRE. 11 a pcrdu l'esprit.
YANTE. Vous me fistes vous-mesme assez mauvaise mine. TIMANDRE. Fut-cc VOUS quc je vis en allant chez Séline? YANTE. Moy-mesme asseuréraeut.
TiMANUBE. .T'en demande paràon :
Quand je vous querellay, je vous pris pour Damon ;
Mais si cette méprise est digne de risée ,
Excusez une erreur que vous avez causée. • •