‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 42 sur 325 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MAUOT, TIM ANDRE, YANTE.

MABOT. Madame la jumelle, ou monsieur le jumeau ,

Estes- vous damoiselle euOn ou damoiseau ?

Car, pour vous témoigner son amour ou sa haine.

Monsieur le veut sçavdir ; il en est fort en peine. YANTE. Marot n'est pas trop sage, et ne sç^it ce qu'il dit :

L'on peut voir qui je suis en voyant mon habit. TiMANDBE. Mais VOUS cu changez tant, et vous et voslre frère.

Que le plus clairvoyant...

MAROT. Y perd son luminaire.

A ce souris railleur, à cet air fanfaron ,

Pour ne vous tromper point, je crois que c'est Damon. TiMA.\DBE. C'est Yante sans doute.

MAROT. Ah! je ne le puis croire :

Son frère a tout cet air, si j'ay bonne mémoire ;

Il la faut quereller pour en estre asseuré.

Timandre a grand désir de vous voir sur le pré :

D'un rival qui le choque il veut prendre vengeance. VANTE. -Monsieur, approuvez-vous sa grande extravagance.^ TiMANDBE. Je voudrois bien qu'Yaute acceptât son appel :

Contre elle avecque joye on feroit un duel ;

11 est fort glorieu.\ toujours avec les belles.

Et la plus douce paix vaut moins que ces querelles. YANTE. Je ne veux avec vous avoir nul différend ;

Voilà vostrc cartel. Monsieur, je vous le rend.

Pour ne pas attirer sur vous de justes blâmes.

Soyez une autre fois moins cruel vers les dames. TIMANDRE. Marot vous a donné de ma part cet écrit? YAK TE. Hyer de vostre part.

TIMANDRE. 11 a pcrdu l'esprit.

YANTE. Vous me fistes vous-mesme assez mauvaise mine. TIMANDRE. Fut-cc VOUS quc je vis en allant chez Séline? YANTE. Moy-mesme asseuréraeut.

TiMANUBE. .T'en demande paràon :

Quand je vous querellay, je vous pris pour Damon ;

Mais si cette méprise est digne de risée ,

Excusez une erreur que vous avez causée. • •

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