DAMON, MAROT
DAMON. D'où peut venir Marot, équipé de la sorte,
En habit de courrier et tout couvert de crotte » ?
S'il a perdu l'esprit, j'en suis fort arfligé. MAROT. Ouy, j'ay couru les champs , je suis presque enragé. DAMON. C'est conresser la dette, au moins c'est y souscrire. MAROT. Vous n'avez pas. Monsieur, trop grand sujet d'en rire.
Car je suis fou pour vous.
DAMON. Si chacun l'est pour soy,
Marot l'est pour luy-mesme : il est plaisant , ma foy.
Avec ce juste-au-corps, fait de vieilles soutanes.
Viendroit-il de Melun courir la poste aux asnes ? MAROT. Si vous sçaviez le mal qui vous est préparé,
Vous ne railleriez point, j'en suis fort asseuré ;
Ouy, si l'on vous disoit ce que Ton vient de fairc^
Vous mesme, comme un asne on vous entendroit braire. DAMON. Timandre s'est sauvé du logis de Clindor?
l^Ion neveu s'est battu ?
MAROT. Non , c'est bien pis encor,
Car la chose est étrange et tout à fait cruelle.
Que quelque autre vous vienne en dire la nouvelle,
Ce ne sera pas moy, je m'en garderay bien. > Sir» L*aulear ne s'est pas aperço de rinsuItisaDce de la rime«