‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 45 sur 325 · ACTE V, SCENE VU · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VU

DAMON. Ah! je le veux sçavoir ; ne me déguise n'en,

Ou je vais t*assommer.

MABOT. raime mieux donc le dire.

Mais vous ne riez plus î DAMON. Il n'est plus temps de rire.

Dis ce qui s'est passé.

MABOT. Monsieur, puisqu'il vous plaist,

Je vous raconteray la chose comme elle est.

Le discours sera long , car il est d'importance. DAMON. Abrège , si tu peux, i;ar je perds patience. MABOT. Vous chérissez Yante?

DAMON. Ouy, je la chéris fort.

MABOT. Et vous la croyez sage enfin? DAMON. J'en suis d'accord.

MABOT Vous ne la vistes pas hier chez sa voisine? DAMON. I9on.

MABOT. Qui pensiez- vous voir à costé de Séline,

Qui luy faisoit la cour?

DAMON. Qui? Mon neveu Damon.

MABOT. Non, c'étoit vostre nièce en habit de garçon. YANTE, à part. A quoy tend ce discours? DAMON. Ah ! quelle effronterie!

MABOT. Ëcoutez jusqu'au bout où va la fourberie :

C'est qu'Yante elle-mesme a signé le contrat,

De plus touché la dot.

YANTE, à part. Ah ! traistre , ah ! scélérat !

DAMON. Poursuivez.

MABOT. Vous allez apprendre un grand mystère.

YANTE. Il va tout découvrir pour se tirer d'affaire;

Je vais le démentir, mais attendons un peu. DAMON. Dites ce que faisoit cependant mon neveu. MABOT. Il étoit déguisé sous les habits d'Yante.

De ce que je vais dire elle est fort innocente :

Vous sçavez que la dot étoit en louis d'or ;

Yante les receut du bonhomme Clindor,

Et puis les mit après dans les mains de son frère ,

Ne pouvant deviner ce qu'il en vouloit faire YANTf. Tout est bien rajujsté.

MABOT. Avec l'argent comptant^

Vostre lasche neveu prend la poste à l'instant,

Et va, sans dire adieu, droit le chemin de Rome. DAMON. Avec luy le voleur emporte cette somme?

MABOT.

DAMON

MAfiOT.

UAMON.

MABOT.

DAMON

MABOT.

DAMON

MABOT.

DAMON

MABOT.

YANTE, DAMON.

MABOT.

DAMON

MABOT.

DAMON

MABOT.

DAMON

MABOT

11 remporte, Monsieur, il D'en faut point douter ;

Ces! cela seulement qui le faisoit haster.

Ah! le lasche, ah! Fingrat, ah! quelle perfidie!

Je n\ny rien veu d'égal, non, jamais de ma vie.

Ce qui croist ma douleur et mon affliction ,

Cest que de cette dot je suis la caution.

Je le sçais bien, Monsieur, et vous estes à plaindre.

En courant après luy ne peut-on le r'atteindre ?

Kon.

Mais de son départ fus-tu point averty?

Je le sceus un quart d'heure après qu'il fut party ; Je pris en mesme temps un bon cheval de selle , Mais il alloit vers Rome, et j'allois vers Bruxelle. Chacun de vous prenoit un différent chemin. Cela m*a fait courir toute la nuit en vain. bas. Que Marot a d'adresse et rend la fourbe aisée ! Mais pour quel sujet prendre une route opposée ? Il m'a voit dit souvent, mesme au dernier repas, Qu'il avoit grand désir de voir les Pays-Ras. Comment sçait-on qu'il prend le chemin d'Italie ? Les postillons l'ont dit.

Quel transport de folie De perdre son honneur et tout abandonner Pour voler de l'argent qu'on luy vouloit donner ! Quoy qu'il soit , il m'ejicite une juste colère : Son crime tost ou tard recevra son salaire. Vous avez grand sujet d'estre mal satisfait : C'est un tour de Manceau, Monsieur, qu'il vous a fait. Quand je parlois des mœurs des provinces de France, J'avois quelque soupçon et quelque défiance Que c'étoit un matois.

Tu me l'avois bien dit; De ton prudent avis j'ay mal fait mon profit , Mais quelque autre en ma place eust-il jamais pu croire Qu'il eust voulu commettre une action si noire , Qui le fera passer pour lasche et scélérat? Falloit-il de l'honneur faire si peu d'état, Traiter un oncle ainsi qui luy servoit de père } Yante comme vous se plaint , se désespère ,

. Et vient vous témoigner

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