SCENE
MARTINE
CBISPIN.
MARTINE
CBISPIN.
MARTINE
CBISPIN.
MARTINE
CRISPIN
MARTINE
CRISPIN
MARTINE
Toy, tu seras toujours ina maistresse ;... et mon ame
De Martine... toujours fera la volonté...
Et toujours le bon bout sera de ton costé. 9
Fort bien ; mais des deux sœurs, pour ce grand hyménée,
Laquelle choisis-tu? La cadette, ou Faisnée?
Dis, laquelle des deux a pour toy plus d'appas?
Laquelle des deux?...
Ouy.
Ma foy, je ne sçais pas.
Mais encor?
Dans ce choix mon bon sens s'embarrasse : Je remarque en Taisnée un esprit de Parnasse , Qui se soutient partout... et qui s'exprime bien. Dans un certain sublime... où je ne comprens rien. Mais qui me plaist beaucoup; son sçavoir me désarme... Je donne aveuglément dans Tcsprit, c'est mon charme. D'autre part, la cadette est un trésor d'attraits; Elle est beste , il est vray, sotte encore plus , mais Sa personne fait voir, quoy que dise sa bouche , Une beauté qui plaist, un air enfant qui touche. Des yeux... morbleu! des yeux.... remplis de feux follets... !Koirs... et qui font sur moy de terribles effets. Pour ne le point mentir, Tune et l'autre m'occupe, L'une et l'autre me plaist ; mais pour n'estre point dupe , Et pour ne point faillir dans un choix si douteux. Je les veux par contrat épouser toutes deux. Les deux sœurs !
Et qu'importe ! en cette concurrence , Plus j'en épouseray, plus j'auray de finance ; C'est agir fînement.
Ouy, pourestre pendu.
Voicy le rabat-joye, et j'en suis confondu. Peste, il faut s'en tenir à la moitié du rôle ; Mais qui prendre des deux? L'aisnée?
Elle est trop folle; Je crains que son humeur ne nous fasse enrager : Elle a pris de l'amour pour un prince étranger. Qu'on nomme, à ce qu'on dit, le prince de Chimère, Petit principion , qui n'a point d'autre affaire Qu'à se montrer partout , contrefaisant le beau , Dans le fond d'un carrosse étalé comme un veau. Comme il passe souvent le long de nostre rue,
I^'i belle , qui pour luy dans son ame est férue , S*iûiagine que c'est tout exprès pour la voir, E^e crains franchement , malgré tout nostre espoir. Que sa principauté, fusl-cc une métairie , Ke remporte aujourd'Iuiy sur ta chevalerie. I^nissons-la donc princesse, et n'y pensons jamais, Aussi bien la cadette a pour moy plus d'attraits; Martine, elle est pour nous d'un aussi bon usage. Tu frouccs le sourcil ! qu'a-t-clle?
Elle est trop sage , Et j'appréhende tout de sa timidité • Je crains, quoy(iu'elle t'aime avec sincérité , Que sa sotte vertu, sa bestise ordinaire, ^e t'épouse jamais sans l'aveu de son père. Cela seroit fascheux. Que faire donc?
Ma foy, Je ne scjais qu'un moyeu qui... Mais qu'entends-je ?
Quoy ?
MARTiNK. C'est nostre procureur. Pour te tirer d'affaire, Va-t'en lui débiter ton procez.
Comment faire?
11 ne m'en souvient plus.
Te moques-tu de moy ? Il ne m'en souvient plus, ^lartiuc , par ma foy. Et la peur m'en fait perdre encore la mémoire. HABTiNE. 11 faut bien sur-le-champ inventer quelque histoire, Ou nous sommes perdus. Songe à toy. Le voilà.
CRISPIN
MABTIISE.
CRISPIN
MARTINE
CRISPIN
CBISPIN.
MARTINE
CRISPliN.