ISABELLE, ANGÉLIQUE, MARTINE
ISABELLE. Ah, quel père, Martine!
ANGÉLIQUE. Ah, Martine, quel père!
ISABELLE. Moy, Tamantc d'un prince, après un si beau choix, Je pourrois devenir la femme d'un bourgeois !
■ Les chalands, car le mol marchand avait souvent alors ce sens, quMi a conservé aujourd'hui dans certains cas : « 11 y a marchand », disent les commissaires priseurs, pour indiquer qu'un acheteur a fait une mise- à prix. Au dix-septième . siècle, la plupart des marchands criaient eux-mêmes leurs marchandises et soilit citaient les acheteurs. Il en était ainsi non- seulement de ceux de la Halle et de la foire Saint-Germain, des merciers et des libraires du Palais de jusUce, comme on peut le voir dans la Galerie du Palais, de P. Corneille, C impromptu de V hôtel de Condé, de Montfleury, etc., mais de ceux qui remplissaient les boutiques alignées de chaque côté des rues et des ponts. Souvent le marchand se tenait lui-même sur la porte et poursuivait le passant de ses invitations. Les cris de Paris, sur lesquels on a fait tant de petits livres et de séries d'estampes, ont bien diminué de nos Jours : autrefois, tout se criait par les rues, et le concert commençait avant Taube par les vendeurs d*eau-de-vie, pour se terminer à peine au milieu de la nuit av ec les oublieux.
Je pourrois à ce point oublier ta personne!
Alon pauvre prince, hélas! quel rival on te donne! ANGÉLiQUi:. Moy, qui d'un chevalier attire tous les vœux.
Je pourrois m'abaisser à cet hymen honteux !
Hélas! mon cher amant, quel > sera ta colère.
Lorsque tu me verras femme d*apothicairc? MABTINE. Pourquoy tians ce moment vous affliger si fort ?
On trouve du remède à toiit, hors à la mort. A Isabelle. La nuit vient à grands pas ; le prince de Qiîmère
Dans un moment ou deux vous tirera d'afîaire. A Angélique,
Mandez au chevalier de se rendre en ces lieux ;
Il essuyera bientost les larmes de vos yeux.
Avant le temps, pourquoy toutes deux vous confondre?
Mais voicy vos futurs, songez à leur répondre.