‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 81 sur 325 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LISIDOR, MmOBOLAN, MARIN.

MABIN, à Mirobolan, Monsieur?

MIBOBOLAN. QuC VCUX-tU ?

MABiN. Je suis le maistre , une fois; et nous sçavons. Dieu mercy , mettre une femme à la raison. Je voudrois bien qu'elle eust soufflé devant moy, et qu'elle s'avisast de traverser ce que j'au* rois résolu, je luy ferois bien voir que son cheval ne seroit qu'une beste : mais, grâce au ciel , je n'en suis point à la peine , et ma femme , en un mot , fait tout ce que je souhaite.

LisiDOB. En effet. Marin a raison ; et ce sont les discours que vous me teniez, avant que nous eussions parlé à vostre femme.

MCBOBOLAN. Il cst vray; mais il faut se donner un peu de patience , il ne faut pas toujours s*emporter d'abord , l'on doit quelquefois apporter quelque tempérance aux choses. Je vous tiendray parole, ou.... Allez, laissez-moy faire.

MABIN. Fort bien, laissez faire à Monsieur, il gastera tout. Ma foy, vous devez plutost croire aux paroles de la femme qu'à celles du

lO'i CRISPIN MEDECIN.

mary. Vous voyez clairement qu'elle seule, est le maistre et la maistresse. '

MiBOBOLAN. Vous 06 sç^ivcz 06 que VOUS dites.

MARIN. NoD, mais je sçais que vous venez d'estre furieusement repoussé à la demy-Iune ' . Dites-moy, s'il vous plaist , qui croyezvous qui est le maistre, ou devons, ou de madame vostre femme?

MIBOBOLAN. Cest moy.

MABiN. Ouy dà : en paroles, mais non pas en effet.

MIBOBOLAN. Apprenez que je le suis en effet, de mesme qu'en paroles. Vous e^tes un fat.

MABIN. Ah, Monsieur! je ne vous dispute point cette qualité.

MIBOBOLAN. Taisez-vous. (.:/ Lisidor, ) Monsieur, encore une fois... suffît, adieu.

Page 1