SCENE VIII
GfiRALDE, CRISPIN.
GiÎRÀLDE. Que fais-tu là, dis-moy?
CBispiN. Rien, Monsieur.
GÉBALDE. Quoy? depuis deux heures que je t*ay quitté, tu n'as pas encore été chez mon père?
CBISPIN. Non, Monsieur ; mais jeFay rencontré dans la rue, et nostre affaire est faite.
G^BALDE. Comment ?
CBispm. Je luy ay donné vostre lettre , et j'ay dit que vous aviez besoin d'argent, bref qu'il vous en failoit.
GÉBALDE. Et qu'a-t-ii répondu ?
CBISPIN. Rien, sinon que j'allasse Tattendre au logis, et qu*il parleroit tantost à moy, et que, pour à présent, il alloit en ville pour quelque affaire.
GEBALDE. Nc t'a-t-il poiut interrogé sur ma conduite?
CRISPIN. Fort peu ; mais je crois que tantost il n'y manquera pas, et c'est où je l'attens.
GÉBALDE. Prens bien garde, au moins...
CBispiN. Hé, laissez- moy faire; nous ne sommes pas si sot que nous sommes mal habillé. Il me croit bien plus niais que je ne suis.
GEBALDE. Défic-toy de Marin surtout, car tu sçais que c'est une Cne mouche.
CBiSPiN. Je ne me soucie guères de luy. Parbleu, à cause qu'il srait lire et écrire, et que je ne sçais rien du tout, il s'imagine qu'on n'est pas aussi sçavant que luy. J'ay bien pensé luy donner sur la gueule.
GÉBALDE. Il étoit donc avec mon père?
CBISPIN. Ouy, et vouloit déjà raisonner; mais nous l'avons relancé... Allez, reposez-vous sur moy : vous sçavez que je ne suis pas beau diseur, mais que je fais les choses quand vous me les commandez. D'où vient que vous estes sorty?
ioué de Cyrano : « Si vous estes ua si Iton diseur, morgue, tapons-nous donc la gueule comme il faut, m dit Gareau à Ctiàlcauforl ( II, se. 2).