ALCINE, DORINE, GÉRALDE, CRISPIN
iLGi?<£. Vous venez bientost, Géralde : je vous ay mandé de ne venir de plus de deux heures.
GÉRALDE. Vous dites vray, Madame; mais vous sçavez que Timpatience tourmente d'ordinaire les amans, et qu'ils croyent leur peine adoucie quand ils peuvent voir le lieu qui renferme la personne qu'ils aiment.
iLCiriE. Géralde, trêve à toutes ces belles choses , car je ne puis demeurer longtemps avec vous. Je vais faire une visite où ma mère doit venir me trouver. Apprenez seulement que vostre père me veut épouser.
GÉRALDE. Mon père?
ALCINE. Ouy, vostre père , et que le mien luy a donné sa parole; mais ma mère, qui, comme vous sçxivez, est la maistresse, a fort rebuté le bonhomme Lisidor. Cependant, voyez l'embarras où nous sommes ; car, quand avec le temps j'auray découvert à ma mère l'estime que j'ay pour vous, et que je l'auray rendue favorable à ce que je souhaite , vostre père n'y voudra point consentir. D'ailleurs, il ne faut rien espérer de ma mère sans l'aveu de vostre père... Adieu, je crains qu'elle ne vienne sur mes pas. iCrixpin et Dorine se font de grandes révérences. )