‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 100 sur 250 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Entre MATHIAS'.

M.iTHIAS.

Voici l'endroit. Maintenant Abigaïl verras! Mathias l'aime ou non.

{Entre LODOWICK, lisant une lettre).

Comment le drôle ose-t-il s'exprimer en des termes aussi insolents !

LODOWICK.

Tel a été mon bon plaisir, venge-toi si tu n'es pas un lâche !

{Ils se battent). {Paraît BARABAS, sur un balcon).

Ils se battent en braves ! Sans reprendre haleine ! A toi, Lodowick! A toi, Mathias! Bien.

{Tous deux tombent).

Tous deux ils auront donné des preuves de leur valeur. {Cris au dehors : Séparez-les! Séparez-les!) Barabas.

On peut les séparer maintenant qu'ils sont morts. Bonsoir.

{Il sort).

{Entrent FERNEZE, KATHERINE et DES SERVITEURS). Ferneze.

Que vois-jel Mon Lodowick, tué ! Mes bras seront son sépulcre !

i. La scène se passe dans une rue.

Katherine.

Quel est cet homme? Mon fils Mathias, mortl

Ferneze.

0 Lodowick! si tu as péri de la main d'un Turc, le malheureux Ferneze vengera ta mort!

Katherine.

Ton fils a tué le mien, je le vengerai!

Ferneze.

Regarde, Katherine, ton fils lui a fait ces blessures!

Katherine.

Ne m'accablez pas, je suis déjà assez malheureuse !

Ferneze.

Ah! que mes soupirs m'étouffent, que mes larmes deviennent des larmes de sang, mais qu'il vive! Katherine.

Qui a provoqué cette inimitié?

Je ne sais pas, et j'en souffre d'autant plus.

Katherine.

Mon fils aimait le vôtre.

Ferneze.

Lodowick aimait ton fils.

Katherine.

Donne-moi cette épée qui a tué mon fils, je veux la tourner contre moi-même.

Ferneze.

Arrête ! Cette épée appartenait à mon fils, c'est à Ferneze qu'elle est plutôt destinée !

Katherine.

Non ! Cherchons d'abord à connaître la cause de leurs morts afin que nous puissions les venger. Ferneze.

Qu'on enlève leurs corps, nous les ensevelirons dans un monument de pierre! Sur l'autel j'offrirai chaque jour un sacrifice de soupirs et de larmes; mes prières toucheront le ciel impartial; il nous révélera les raisons ayant pu les obliger à rompre l'amitié qui les unissait. Viens, Katherine, nos peines sont les mêmes, il ne nous reste plus qu'à les partager.

{Us sortent en emportant les coi'ps).

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