ACTE III, SCÈNE IV
ite ma fortune t'appartiendra et, tant que je serai de ce )nde, tu pourras disposer de la moitié, la dépenser rame un autre moi-même. Regarde ces clefs, je te les nnerai tout à l'iieure. Achète des vêtements... Réflexion te, tu n'en as pas besoin. Ecoute seulement ce que tu à faire. D'abord, me chercher le pot de riz qui, pour notre jper, cuit sur le feu.
Ithamore, à part.
fe parierais ma tête que mon maître meurt de faim. aut). J'y vais, seigneur.
[ïl sort).
Barabas.
Mnsi tout coquin aspire à, la richesse, bien qu'il ne ive être jamais riche que d'espérance. Taisons-nous! {Rentre ITHAMORE avec le pot).
Ithamore.
Le voici, maître.
Barabas.
Bien. As-tu apporté aussi la cuillère?
Ithamore.
3ui, maître. Le provei'be dit que celui qui soupe avec diable a besoin d'une longue cuillère. Je vous en ai porté une.
Barabas.
Parfait. Maintenant garde-moi fidèlement le secret. Par 1 salut sur lequel je veille, à la mort d'Abigail, tu urras régler ta vie comme étant mon héritier.
Ithamore.
\uriez-vou8 l'intention de l'empoisonner avec un plat soupe au riz? Le riz la conservera en vie, la rendra as grasse, plus dodue, plus rondelette que vous n'êtes struit.
Barabas.
Regarde ceci : une poudre précieuse achetée à un Itan, dans Ancône. Son effet, qui immobilise, infecte, ipoisonne, ne se produit que quarante heures après hsorption.
Ithamore.
3ue me dites-vous, maître ?
Barabas.
[1 en est ainsi. Je m'en suis souvent servi à Malte. On ppelle le Soir de Saint-Jacques. Ce soir-là on envoie aumônes aux couvents. Tu emporteras ce pot et le poseras dans un coin noir où ils ont l'habitude de reillir les susdites aumônes sans s'inquiéter de qui les tribue et d'où elles viennent.
Ithamore.
Par exemple!
Barabas.
La coutume est probablement ancienne. Donc tu vas aller porter ce pot. Attends! Que je l'assaisonne! Ithamore.
Laissez-moi vous aider. Je voudrais y goûter d'abord.
Barabas.
A ton aise. Eh bien, qu'en dis-tu?
Ithamoke.
A parler franc, maître, je regrette de voir gâter une pareille soupe.
Barabas.
Paix! Elle n'en paraîtra que meilleure. Observe soigneusement mes ordres. Ma bourse, mon coffre, moi-même, tout t'appartiendra.
Je pars.
Barabas.
Attends! Que j'accommode d'abord la soupe. Puisse-telle lui être aussi fatale que la boisson que but Alexandre et dont il mourut! Puisse-t-elle exercer en elle les mêmes ravages que le vin de Borgia servi au Pape; le sang de l'Hydre, le toxique de Lerne, la sève de l'ébénier, le souffle du Cocyte et tous les poisons des marais de la Stygie! Que son venin passe dans les veines d'une fille qui a si ingratement abandonné son père ! Ithamore.
Voilà une bénédiction! Jamais soupe au riz fut-elle assaisonnée de la sorte? {A part). Qu'en ferai-je? Barabas.
0 mon cher Ithamore, va porter le pot et reviens san| pkis tarder, car j'ai encore une autre besogne pour toi. Ithamore.
Voilà de quoi empoisonner une écurie de juments flî mandes. Je vais en faire profiter les nonnes. Barabas.
Elles attraperont la morve. Va.
Ithamore.
Je pars. Je réclamerai mes gages la besogne accomplie
{Il sort).
Barabas.
La vengeance sera ton salaire, Ithamore !