‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 105 sur 250 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Entrent FERNEZE, MARTIN DEL BOSCO, DES CHEVALIERS et UN PACHA <•

Ferneze.

Soyez le bienvenu, grand Pacha. Comment se porte Calymath ? Quel vent vous pousse à Malte?

Le Pacha.

Celui qui souffle sur le monde, le besoin d'argent.

Le besoin d'argent? Il faufaller pour cela dans les Indes Occidentales. Malte ne renferme pas de mines d'or. Le Pacha.

Ainsi parle Galymath à vous autres de Malte : le délai accordé touche à sa fin, l'heure est venue de remplir vos promesses. Je viens toucher le tribut qui nous est dû. Ferneze.

Pacha, pour ne pas perdre notre temps en paroles inutiles, tu ne toucheras pas de tribut et les infidèles ne vivront plus de nos dépouilles. Nous raserons plutôt les murs de nos cités, nous abandonnerons notre île, nous renverserons nos temples, enfin nous transporterons nos biens en Sicile, nous creusant un chemin dans la vaste mer dont les flots qui battent les rivages sans défense nous porteront par leur reflux.

Le Pacha.

Gouverneur, puisque tu as rompu les traités en nous contestant le tribut qui nous est dû, inutile de raser les murs de votre ville et de vous donner tout ce mal. Selim Galymath s'en chargera. Ses boulets abattront vos tours et de l'orgueilleuse Malte feront un désert pour se venger de vos intolérables menaces. Au revoir.

Ferneze.

Au revoir.

{Sort le Pacha).

Maintenant, gens de Malte, veillez et préparez-vous à

souhaiter la bienvenue à Calymath. Levez les ponts-levis,

chargez les canons, prenez des armes et battez-vous en

héros. La trêve est rompue. La guerre devient notre der-

i. La scène se passe à l'intérieur de la Chambre du Conseil.

nière ressource et rien ne pouvait nous satisfaire davantage.

{Ils sortent).

Page 1