‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 134 sur 250 · ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI

Ferneze.

Admirablement! Barabas. je m'en rapporte à toi, prends la somme promise.

Barabas.

Non, gouverneur, je veux d'abord te donner satisfaction et t'épargner le moindre doute. Caehe-toi, les voici qui viennent.

- [Ferneze sort).

N'est-ce point faire du bon commerce que d'acheter des villes par traîtrise, de les revendre par supercherie? Maintenant, dites-moi, habitants de la terre, si jamais plus grande fausseté a été accomplie sous le soleil? [Entrent CALYMATH et LES PACHAS). Calymath.

Venez, mes compagnons. Regardez, je vous prie, comme Barabas se donne du mal pour nous accueillir dans sa galerie. Saluons-le. Dieu te garde, Barabas. Barabas.

Soit le bienvenu, puissant Calymath.

Ferneze, à part.

Comme ce coquin se moque de lui !

Barabas.

Te plaît-il, puissant Selim Calymath, de monter nos escaliers?

Calymath.

Oui, Barabas. Venez, Pachas.

Ferneze, s'avançant.

Arrête, Calymath! Je vais me montrer plus courtois que Barabas!

Un Chevalier.

Feu!

[Décharges d'artillerie. Ferneze coupe la corde Le ^ùa^cher de la galerie s'effondre et Barabas tombe duiis une chaudière)^

Caltmath.

Que veux dire ceci?

Barabas.

Au secours! A moi, chrétiens!

Ferneze.

Regarde, Calymath, voilà le sort qui t'attendait!

Calymath.

Trahison! Trahison! Sauvons-nous*

Ferneze.

Non, Selim! demeure. Assiste d'abord à sa fin et tu partiras ensuite si tu le peux.

Au secours, Selim! Au secours, chrétiens! Gouverneur, pourquoi demeurez-vous impitoyable?

Ferneze.

Puis-je avoir pitié de tes plaintes ou de toi, Barabas maudit, Juif immonde? Tu paieras ta trahison! Barabas.

Vous ne voulez pas me porter secours?

Fer.îeze.

Non, misérable!

Barabas.

Vous non plus, mécréants? Alors, Barabas, souffle ta dernière haine et, malgré l'atrocité de tes tourments, demeure ferme avant de mourir. Gouverneur, c'est moi qui ai tué ton fils, après avoir imaginé le défi qui les a fait en venir aux mains. Calymath, j'avais conspiré ta perte et imaginé ce stratagème pour jeter la confusion parmi vous tous, chrétiens damnés et Turcs infidèles! Maintenant je souffre des maux intolérables! Meurs, vie! Envole-toi, mon âme! Langue, maudis autant que tu peux maudire! Je meurs!

{Il meurt).

Calymath.

A présent, chrétiens, expliquez-moi ce que veut dire tout cela?

Ferneze.

Il avait imaginé cet artifice pour attenter à ta vie. Vois, Selim, à quelles méchantes actions se livrait le Juif. II voulait aussi s'emparer de toi. J'ai préféré te sauver. Calymatu.

C'était là le festin qu'il nous préparait? Partons. Nous pourrions courir encore quelque danger.

Ferneze.

Non, Selim, demeure. Nous te tenons et ne te laisserons pas partir si vite. Aussi bien, que ferais-tu sur tes galères, sans hommes pour les conduire?

Calymath.

Ne vous préoccupez pas de cela. Mes hommes sont à bord et m'attendent.

Entends-tu la trompette sonner la charge?

Calymath.

Oui! Qu'est-ce que cela signifie?

Ferneze.

Cela signifie qu'on a mis le feu au monastère, qu'il a sauté et que tous tes soldats sont massacrés !

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