‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 138 sur 250 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

\ Une rue à Londres.

Entrent ^R ROGER OATELEY et LE COMTE DE LINCOLN.

Lincoln.

Mon chii' lord-naaire, vous m'avez maintes fois fêté, ainsi que keaucoup d'autres courtisans, et rarement, ou jamais, nou; n'avons eu l'occasion de nous acquitter de votre courtoisie. Mais laissons cela. J'entends dire que mon neveu Içicy aimerait votre fille Rose? \ Sir Roger.

La chose et vraie, mon bon seigneur; en retour, elle l'aime au poin^que j'en suis réduit à déplorer sa hardiesse. , Lincoln.

Pourquoi? Qoyez-vous qu'il serait honteux d'unir le nom de Lacy à\elui d'Oateley?

\ Sir Roger.

Ma pauvre fille est indigne de porter un tel nom. Les filles pauvres ne \oivent pas épouser des courtisans qui, en soies et en vé^ments somptueux, dépensent plus en une année que je iç pourrais le faire de temps en temps. Votre Honneur n'a^.onc rien à craindre de ma fille. Lincoln.

Réfléchissez, milo^, et voyez ce que vous avez à faire.

II n'existe pas dans le monde un homme plus prodigue que mon neveu et je veux vous expliquer comment. 11 y a à peu près un an, il manifesta le désir de voir du pays pour acquérir de l'expérience. Je lui donnai de l'argent, des lettres de change et de crédit; je mis à ses trousses des serviteurs pour le surveiller; je chargeai des amis

Sue je possède en Italie de ne pas le perdre de vue. omment cela devait-il finir ? A peine avait-il traversé la moitié de l'Allemagne, son argent était gaspillé, les serviteurs renvoyés, et mon godelureau de neveu, hontejx de se trouver menacé de la faillite, se faisait cordonn.er à Wittenberg. Un joli métier pour un gentilhomme de sa race! Jugez maintenant de la suite par cela. Je suppose que votre fille apporte en dot un millier de livres ? Jlon neveu a dépensé davantage en la moitié d'une anné£. Si vous le constituez héritier de tous vos biens, douze mois suffiront pour qu'il les mange. Je vous conseille dore de chercher quelque autre citoyen pour marier votre liJle.

Je remercie Votre Seigneurie. (A part). Vieux rmard, je m'explique ta finesse. {Haut). En ce qui concernf votre neveu, surveillez ses faits et gestes, et demeure; tranquille. J'ai envoyé ma fille assez loin. A présen', il se pourrait que votre neveu Rowland se conduisît mieux, maintenant qu'il possède un métier. Néanmoins, cela ne m'empêche pas de le refuser comme gendre. Lincoln.

Je lui réserve ,un meilleur état. Sa Grâce 1*1 nommé chef-colonel de toutes les compagnies rassembl?es à Londres et dans les comtés environnants, pou; servir Sa Grandeur dans les guerres de France. Le voia qui vient. {Entrent LOWELL, LACY et ASKEW).

Eh bien, Lowell, quelles nouvelles apportes-vous ?

LoWELL.

Monseigneur de Lincoln, Sa Grandeur ordonne quô votre neveu s'embarque pour la France sec toutes ses forces. Elle donnerait un million pour m'elles débarquassent à Dieppe dans les quatre jours. Lincoln.

Va rassurer Sa Grâce. Ce sera fait.

(S>rf Lowell).

Neveu Lacy, dans quelles dispo&itiois sont vos compas gnies?

Laci.

Toutes sont prêtes. Les hommes du Hertfordshire campent à Mile>Ead, ceux de Suffolk et ^sex s'exercent dans

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