ACTE II, SCENE III
dormant. Appelez la coquine ! Si ses gens demandent du cordon à souliers je lui donnerai de l'etrivière !
FiRK.
On appelle ça battre à sec, ce qui équivaut à un signe de sécheresse.
{Entre LACY, déguisé et chantant).
Lac Y. Il a un accent allemand très prononcé.
Il y avait un pauvre homme du Gelderland,
Qu'ils soient joyeux!
Il était si saoul qu'il ne pouvait pas se tenir...
Qu'ils soient tous ivres!
Fais tinter la sonnette
Et bois, mon petit homme!
FiRK.
Maître, sur ma vie, voici un camarade. S'il ne porte pas les os de Saint Hugh^, je veux renoncer aux miens! Sans doute quelque ouvrier de la haute terre. Engagez-le, bon maître, que je puisse apprendre quelque bon tour. Il nous enseignera comment travailler plus vite.
Eyre.
Paix, FirkI Laisse-le passer, s'évanouir. Nous ne manquons pas d'ouvriers. Paix, mon bon Firk! Margery.-
Vous feriez mieux de suivre le conseil de votre camarade. Vous en verrez le résultat. Nous n'avons pas assez d'ouvriers. Mais laissons pisser le mouton...
HODGE
Pardieu, voilà un fameux homme; un habile ouvrier. Adieu, maître. Adieu, patronne. Si un pareil ouvrier ne peut pas trouver d'ouvrage chez vous, Hodge ne peut plus faire votre affaire.
[Il fait mine de partir).
Eyre.
Arrête, mon brave.
Firk.
Puisque votre premier garçon s'en va, patronne, il vous
faudra consacrer une journée à en chercher un autre. Si
Roger déménage, Firk le suit. Si les os de saint Hugh ne
sont pas utilisés, autant planter son poinçon dans le mur
et allerjouer. Bonsoir, maître, portez-vous bien, patronne.
Demeure, mon brave Hodge, mon premier garçon si
zélé. Ne t'en va pas. Firk! Paix, bouillon de pudding!
Par le seigneur de Ludgate, j'aime mes ouvriers autant
1. Saint Hugh était le patron des cordonniers et l'on supposait que ses os avaient été taillés avec des outils de cordonnier.
216 LE MARDI GRAS DU CORDOxNNIER
que ma vie. PaLx, hachis de viande ! Hodge, s'il a besoin de travail, je vais l'engager. Qu'on aille au-devant de lui... Non! Le voici qui vient à nous.
Lagy.
Goeden dach, meester, ende u xro oakK
FlRK.
A lui parler sans boire on suffoquerait bientôt. Ami Oak appartenez-vous à la corporation?
Lacy.
Yaw, yaw, ik bin dm skomawker'^.
FiRK.
Den Skoinaker, dit-il? Skomaker, avez-vous tous vos outils : une bonne alêne, un bon bouchoir, un bon apprêteur, vos quatre sortes de poinçons, vos deux morceaux de cire, votre tranchet, votre manique de cuir et les os du bon saint Hughpour faciliter votre travail? Lacy.
Yaw, yaw ; be niet vorveard. Ik hab ail de dingen voour mack skooes groot and cleane^.
FiRK.
Ah! Ah! Mon bon maître, engagez-le! U m'amusera tant que je travaillerai dans la gaîté plus que je ne saurais le faire dans la tristesse.
Eyre.
Ecoute, ami, possèdes-tu quelque dextérité dans le travail mystérieux ducouseur?
Lacy.
Ik weet niet wat yow seg; ich verstaw you niet^.
FlRK.
Comme ça, l'homme. (// imite le geste d'un cordonnier à l'ouvrage.) Ich verste u niet. Voilà ce qu'il dit. Lacy.
Yaw, yaw ; ick can dat wel doen^.
FlRK.
Yaw, yaw! Il parle en bâillant comme une corneille qui ouvre la bouche pour boire du petit lait. Il aurait bien vite avalé un bidon dé double bière. Heureusement que Hodge et moi avons l'avantage de boire les premiers, en qualité d'anciens.