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ACTE III, SCÈNE IV

aussi bien portant que lorsque je suis arrivé en France. Margeby.

En vérité, je suis désolée de ton impotence. Dieu, comme la guerre t'a brûlé du soleil! La jambe gauche ne va pas? Il taut remercier Dieu que l'infirmité ne soit pas un peu plus haut, considérant que tu viens de France. Jfais laissons pisser le mouton.

Ralph.

Je suis content de constater votre bonne santé, et je me réjouis d'apprendre que mon maître a profité des bénédictions de Dieu depuis mon départ.

Margery.

En effet, Ralph, j'en remercie mon Créateur.

HODGE

Et quelles nouvelles de France?

Ralph.

Donne-m'en d'abord, mon brave Roger, de Londres. Comment va Jane? Quand l'as-tu vue? Où habite mon pauvre cœur ? Elle connaîtra la pauvreté maintenant que je ne possède plus tous mes membres pour gagner notre nourriture !

HoDGE.

Tes membres? Et tes mains? Un cordonnier gagne toujours son pain, à moins qu'il ne lui reste que trois doigts !

Ralph.

Pendant ce temps-là tu ne me parles pas de Jane. Margery.

Ralph, nous ignorons ce qu'est devenue votre épouse. Elle est restée ici quelque temps et, en qualité de femme mariée, en prenait à son aise. Je l'ai blâmée et ainsi de suite. Bref, elle est partie, sans dire bonsoir, pour ne jamais revenir. Roger, Firk n'est pas encore de retour?

HoDGE.

Non.

Margery.

Puis nous n'en avons plus entendu parler. On dit qu'elle habite Londres. Mais laissez pisser le mouton. Dans le besoin elle se serait adressée à moi ou à mon mari ou à quelqu'un de mes gens, et chacun, j'en suis siîr, aurait donné selon ses moyens. Hans, va voir si Firk revient.

{Sort Hans).

Les choses sont ainsi. Pourquoi pleures-tu, Ralph? Nous sommes sortis tout nus du ventre de notre mère et tout nous devons y retourner. Donc, bénis Dieuen toutes choses.

HoDGE.

Jane est pour nous 'une étrangère. Quant à toi, Ralph,

reprends courage, je sais que tu en as. Ta femme habite Londres. Quelqu'un l'a rencontrée dernièrement très résignée et très propre. Nous la retrouverons. Margery.

Le pauvre garçon succombe au chagrin. Ralph, entre dans la maison, demande à manger et à boire. Tu pourras toujours compter sur moi.

Ralph.

Je vous remercie, maîtresse. Privé de mes membres et de mon bien, je me confie à Dieu, à mes amis et à mes mains !

{Il sort).

{Entrent HANS et FIRK).

FiRK.

Cours, mon bon Hans! 0 Hodge! 0 maîtresse! Hodge, dresse les oreilles! Maîtresse, ouvrez les yeux! Mon maître est choisi! Mon maître est nommé! Condamné par tout le

fiays à être Shérif pour la fameuse année qui vient! A 'heure présente, des hommes en robes noires dont on sollicitait les suffrages tendent les poings et crient : c Oui! oui! oui! » Alors je me suis sauvé...

Et sans autre façon, Je vous salue, madame la Shérif.

Hodge.

Maîtresse, je n'ajouterai qu'un mot : Bonjour à Votre Seigneurie.

Margery.

Bonjour, mon bon Roger. Je vous remercie tous. Firk, tends la main. Voici trois pence pour tes bonnes nouvelles.

FiRK.

Ce n'est que trois demi-pence. Non, c'est bien trois pence, j'en sens les roses '.

Maîtresse, laissez-vous conduire par moi et ne parlez pas en pleurnichant.

Firk.

Ce n'est pas elle, c'est Sa Grandeur qui s'exprime ainsi. Maîtresse, parlez-moi sur le même ton qu'auparavant : « A ton ouvrage, Firk », « Ici, mon bon Firk », « Allons, Hodge, plie l'ouvrage ». « Je remplirai vos ventres de nourriture, jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus ». {Entre EYRE, portant une chaîne d'or).

1. Du temps d'Elisabeth les pièces d'argent représentaient le profll de la reine avec une ro se derrière la tète.

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