ACTE lîl, SCÈNE V
à la Cgure qu'il ne t'en pousse sur les joues. Un courtisan ne se lave pas, ne marche pas, avec des ci et des ça. Ces gens habillés de soie ne sont que des images peintes, tout à la façade. Leurs doublures sont usées. Ma jolie souris, épousez-moi un gentleman marchand d'épices, comme votre père; un marchand d'épices dans de bonnes affaires. Des prunes! des prunes! Si je possédais un fils ou une fille à marier, qui ne renfermât pas du sang de cordonnier, je voudrais qu'il empaquetât. Quel joli métier pour un homme de voyager à travers l'Europe, à travers le monde I
{On entend à la cantonade un tambourin et une cornemuse).
Sm Roger.
Quel est ce bruit?
Eyre.
Mon lord-maire, une assemblée de braves compagnons qui, pour l'amour de Votre Honneur, viennent danser une moresque. Entrez, mes Mésopotamiens!
{EntrentnODGE, HANS, RALPH, FIRK et D'AUTRES CORDONNIERS. Ils dansent une moresque).
Sir Roger.
Ils sont tous cordonniers ?
Eyre.
Tous, mon bon lord-maire.
Rose, à part.
Comme ce cordonnier ressemble à mon Lacy !
H ANS, idem.
Si je pouvais lui parler !
Sm Roger.
Sybil, va chercher du vin afin qu'ils boivent. Vous êtes tous les bienvenus !
Tous.
Nous remercions Votre Seigneurie.
{Rose prend une coupe de vin et se dirige vers Eans). Rose.
Pour l'amour de celui à qui tu ressembles, je bois à toi!
Hans.
Je bedancke, good frister*.
Margery.
lUistress Rose, vous ne manquez pas de jugement, vous avez bu à mon meilleur ouvrier.
FiRK.
Beaucoup souhaiteraient posséder son habileté 1 1. Je vous remercie, brave jeune fille.
Sir Roger.
Une affaire urgente me rappelle à Londres. Mes amis, entrez, buvez, mangez, et, pour que vous vous en retourniez gaiement, acceptez cesongelots et trinquez à Slratford- Bow.
Eyre.
A ces angelots, mes braves amis, Simon Eyre en ajoute un autre ! Tout à la gaieté, Firk I
{Us sortent en dansant).
SiR Roger.
Suivez-moi, master Eyre, je tiens à votre compagnie.
{Us sortent).
Rose.
Sybil, que dois-je faire?
Sybil.
Que se passe-t-il ?
Rose.
Cet Hans, le cordonnier, n'est autre que mon Lacy auioré, déguisé pour parvenir jusqu'à moi ! Comment trouver le moyen de lui parler ?
Sybil.
Rassurez-vous. Je gage ma virginité contre rien, et le pari est inégal, qu'à notre retour à Londres, non seulement Hans le Hollandais pourra vous voir et vous parler, mais qu'en dépit des précautions de votre père il vous enlèvera et vous épousera. Cela vous satisfait-il? Rose.
Agis dans ce sens et sois assurée de ma reconnaissance éternelle.
Sybil.
En avant I II faut accompagner votre père à Londres, de crainte que votre absence ne lui donne des soupçons.
Demain, si vous suivez mon conseil, J'initierai votre apprenti à un joli métier !
[Elles sortent).
FIN DÔ TROISIÈME ACTE