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ACTE V, SCÈNE V

dont vous avez comblé aujourd'hui ma pauvre maison, prolongera la vie de Simon Eyre d'au moins une douzaine de chauds étés I

Le Roi.

Mon joyeux lord-maire, ton nom t'honorera plus encore

que je ne saurais le faire. Ce nouveau bâtiment, érigé

dans Cornwill, à tes frais, sera baptisé par nous le Lea-

denhall parce que, en en creusant les fondations, nous

avons trouvé le plomb qui a servi à faire la couverture ' .

Eybe.

Je remercie Votre Majesté.

Le Roi.

Un mot, Lincoln.

[Entrent HODGE, FIRK, RALPH et D'AUTRES COR- DONNIERS).

Eyre.

Eh bien, mes joyeux coquins? Parlez doucement, le roi est à côté !

Le Roi.

Dans les vieilles troupes gardées à notre solde, nous voulons verser des troupes fraîches. Avant qu'un été passe sur ma tête, la France paiera l'injure faite à l'Angleterre. Quels sont ces gens ?

Lagy.

Des cordonniers, mon suzerain. Mes camarades aussi. J'ai vécu au milieu d'eux, heureux comme un empereur. Le Roi.

Mon joyeux lord-maire, ils sont tous cordonniers?

Eyre.

Tous, mon suzerain. Tous gentlemen habiles, de vrais Troyens, de courageux ouvriers. Tous, agenouillés devant la chaire de saint Hugh.

Les Cordonniers.

Dieu garde Sa Majesté!

Le Roi.

Simon, voudraient-ils obtenir quelque chose de nous?

Mes braves, plus un motl C'est moi qui parlerai. Rapportez-vous-en à moi. Mon suzerain, nous vous supplions, pour l'honneur de Simon Eyre et celui de ses camarades, de vouloir bien accorder, à Leadenhall, le privilège légal de devenir marché aux cuirs deux fois par semaine. Le Roi.

Simon, je vous concède le privilège, vous recevrez la

1. En l'année 1419, sir Simon Eyre construisit Leadenhall à ses propres frais, et en fit cadeau à la Cité pour qu'il servît de grenier public aux temps de disette. » Maitlana.

patente autorisant deux jours de marché par semaine dans le Leadenhall, les lundis et les samedis. Etes-vous contents?

Tous.

Jésus bénisse Votre Grâce !

Eyke.

Au nom de mes pauvres camarades les cordonniers, je vous remercie, mais avant que je me relève, voyant que vous êtes en veine de donner et nous de demander, Simon Eyre implorera encore une faveur.

Le Roi.

Laquelle, milord mayor?

EVRE.

Celle de vous faire goûter au modeste festin qui n'attend que votre chère présence.

Le Ror.

Je te ruinerai en fêtes, Eyre! N'ai-je pas été déjà suffisamment indiscret?

EiRE.

0 mon roi bien-aimé, Simon Eyre a été pris à l'improviste pour fêter le mardi-gras, comme il l'avait promis depuis longtemps à ses apprentis. N'en déplaise à Votre Grandeur, jadis je portais le pot h eau et mon habit ne m'en allait pas plus mal sur le dos. Un matin, quelques joyeux garçons, cela se passait un mardi gras, comme aujourd'hui, m'apportèrent à déjeuner et je leur fis le serment, sur le bouchon de mou pot, que si jamais je devenais maire de Londres, je fêterais tous les apprentis. J'ai tenu parole aujourd'hui, et les drôles ont, à cinq reprises, nettoyé plus de cent tables, avant de retourner chez eux. Si vous faites à la corporation l'honneur de goûter au banquet, Simon en serait bien heureux ! Le Roi.

Eyre, je m'asseoirai à ton festin et j'en éprouverai le plus grand plaisir de ma vie. Amis, merci à tous ! A vous aussi mes remerciements, chère lady mayoress. Venez, messieurs. Quand nous en aurons fini avec les banquets et les divertissements, la guerre répondra aux provocations françaises.

(fis sortent).

Fm.

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