‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 212 sur 250 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

sagera sa prospérité, lui qui, dernièrement, le proclamait un mutin, un besogneux, un coureur de mauvais lieux. Ah! ah! cela me causera plus de joie que mon dernier achat, me procurera plus de satisfaction que les revenus de toutes les reuves!

{Rertre GEORGE, introduisant WITGOOD).

Eh bien!

George.

Après beaucoup de difficultés, il se décide à venir, monsieur.

{Il sort).

Lucre.

Neveu, laissez-moi vous souhaiter le bonjour! Vous êtes le bienvenu.

WlTCOOD.

Mon oncle, je vous remercie.

Lucre.

Je vous prends en défaut. Vous croyez-vous un étranger ici? Que le ciel vous tienne en joie!

WtTGOOD.

Je ne comprends pas, monsieur.

Lucre.

Ne deviez-vous pas prendre le chemin de la maison de ▼otre oncle, vous et votre veuve? Je vous en veux, si je puis m'exprimer ainsi sans vous offenser.

WlTGOOD.

Qu'entendez-vous par là, monsieur?

Lucre.

Pardonne-moi. Tu me fuyais, je m'en aperçois maintenant.

Je n'ai jamais cessé de vous aimer, mon oncle.

Lucre.

■Quelle ingratitude, neveu! Fi!'

WlTGOOD.

Je suis désolé de vous entendre interpréter ainsi les choses.

Lucre.

Ne dissimule pas.

WlTGOOD.

Voulez-vous me permettre de me défendre? Lucre.

. Oui, et sois le bienvenu.

WlTGOOD.

Vous savez le danger que je cours à la ville, l'importance de mes dettes, l'exigence de mes créanciers, vous avez donc des raisons de préférer me savoir au loin.

203 LE MOYExN D'ATTRAPER UN VIEILLARD

Lucre.

Par la messe ! voilà une Iwlle excuse!

WlTGOOD.

Autrement, dans la maison de mon oncle, je pouvais plus sûrement me marier !

Lucre.

Et ton crédit ?

WlTGOOD.

Mon crédit? Non, ma surface. Et pais je connais votre humeur. Vous auriez laissé entendre à ma veuve qu'il fût un jour où la maison entière m'appartenait.

TuLXKE.

Avec presque tout ce qu'elle renferme.

WlIGOOD.

Vous voyez bien! Laissez les autres raconter ce qu'ils veulent. Rien ne vaut la présence d'une veuve dans la, maison d'un oncle !

LUCBE.

Quand des neveux soat ruinés, leur meilleur refuge devrait être, en effet, la maison de cet nncle.

WlTGOOD. ,V

Ils peuvent y tenir tète aux gens. «

Lucre. -I

Ils y sont à l'abri du sergent et de l'huissier. La maiêon j d'un oncle! Un véritable Cold-IIarbour < ! Coquin, je vais ! te servir de père maintenant ! T'inLéreâses-tu Buffiàamiment à ta veuve pour l'envoyer chercher?

WlTGOOD.

Certes.

Lucre.

Je vais m'en assurer.

WlTffOOD.

Envoyez un de vos gens.

LUCRB.

George!

{Rentre GEORGE).

George.

Me voici, monsieur.

Lupre.

Mets-toi à îa disposition de mon neveu {Wîtffood lui

parle bas et George sort. A part). J'aime à bavarder avec

une riche veuve ! Je prends du plaisir à entendre nos

langues s'accorder ! On promet beaucoup et l'on tient

1. Corrnption dn mot Cold Harbour. nn bâtiment situé cïans lî paroisse dAll-Hallowss the Less, où les débiteurs elles vagabondi trouvaient asile.

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