‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 221 sur 250 · ACTE IIÎ, SCENE I 3H · texte numérisé non relu

ACTE IIÎ, SCENE I 3H

naire; un tyran capable de toutes les forfaitures; se réjouissant de la misère des autres; une créature qui ruinerait son frère, noierait son père au- besoin, sans que sa conscience le lui reprochât.

Premier Gentleman.

Croyez-moi, veuve, non seulement vous passeriez contrat avec la misère, mais encore avec une famille diabolique, sans entrailles.

HoARD, bas au gentleman. ,

Soyez sans pitié, sans pitié aucune !

La Courtisane.

Me suis-je à ce point trompée en l'aimant! Devant vous tous, je renonce à l'épouser! [S' agenouillant). A genoux, je fais le serment de ne devenir jamais sa femme! WiTr.ooD, à part.

Le ciel sait si jamais j'ai eu l'intention de devenir son époux !

HoARD, bas au gentleman.

Arrivez au but.

Maintenant regardez ce gentleman avec une nouvelle et pure alîection. Il est sérieux, bon, riche, digne de vous. En l'estimant vous assurez votre sort.

Hoard, bas au gentleman.

Je lui constituerQ,i un domaine.

Premier Gentleman.

Il possède de nombreuses terres et peut satisfaire tous vos désirs.

Deuxième Gentleman.

Allons, veuve, allons!

La Courtisane.

Le monde est si trompeur !

Premier Gentleman.

Il est trompeur quand la flatterie, l'intérêt, la méchanceté sonfen jeu. Rien de tout cela chez lui. La Courtisane.

Je vous. prie...

Premier Gentleman.

Vous autres veuves semblez d'autant plus difficiles à convaincre qu'il s'agit de votre bonheur; mais s'il faut vous associer <à un coquin jamais vous n'y mettez assez d'empressement. Allons, donnez-lui votre main. Hoard.

De tout mon cœur. {Hoard et la Courtisane se donnent la main.) Merci, messieurs, je récompenserai votre entremise (à la Courtisane), et ton amour !

La-Courtisaxe.

Hélas, vous n'aimez les veuves que pour les biens qu'elles apportent! Je vous préviens, je ne possède rien.

HOAKD.

Bien dit! excellemment dit! Je jure devant ces messieurs ne rechercher que ton amour.

Alors je suis heureuse.

HOARD.

Ma joie est telle que je manque de mots pour la traduire !

La Courtisane.

Master Hoard, je dois ajouter une chose devant ces messieur, vos amis. Comment repousser soudainement ia cour répugnante de ce parjure de Witgood et les avances de son oncle aussi ennuyeux que dissimulé? De cet oncle qui aujourd'hui même me réserve une entrevue pour le motif qui nous occupe et qui, malgré vous, m'a complètement roulée!

^ Hoard.

Que pensez-vous décela, messieurs?

Premier OcxTUEiiAN.

Elle a raison de poser la question.

Hoard.

Ecoute, veuve : Attire tout simplement le jeune Witgood dans un endroit quelconque, et dis-lui de se hâter. Au Heu désigné, ces messieurs et moi guetteront le moment favorable. Tandis que tu le repousseras, nous viendrons par surprise, t'enlèverons, te mènerons en bateau à Cole- Harbour, où un prêtre bâclera notre mariage. Qu'en penses-tu ?

La Courtisane.

" Puisque le moyen vous plaît, il me va. Hoard, l'embrassant.

Je t'embrasse pour ces mots. Vous, messieurs, j'aurai encore recours à vos bontés, et à votre aide. Premier Gentleman.

Vous avez notre parole et notre intérêt est de mener les choses à bien.

Hoard.

Et l'honneur vous y engage. Je vous en récompenserai, ma fortune égalant ma joie. Plus un mot, chère veuve, ou plutôt chère femme, et à bientôt.

La COLTITISANE.

A bientôt, monsieur.

{Rentre WITGOOD. Hoard et les Gentlemen iortent).

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