ACTE m, SCÈNE I
de bien pour moi. Poursuis ton œuvre. Soyons gens d'esprit, nous ne trouverons jamais une meilleure occasion. La Courtisane.
Plus un mot, je crois les entendre.
{Ils sortent).
{En( e t HOARD, accompagné de GENTLEMEN, et L'HOTELIER déguisé en domestique),
HoARD.
Sers-tu chez la veuve? Elle aurait alors de fameux serviteurs.
L'HOTELIER.
Je suis le moins bon des six, monsieur, bien que digne de porter livrée.
HOARD.
Écoute, tu m'as dis que tu étais dans ses petits papiers?
L'HoTELIER.
Non pas.
Tu es trop modeste. Voici une poignée de pièces d'or. Procure-moi l'occasion de lui parler.
L'HOTELIER.
Je ferai mon possible, monsieur, sans me comprcK mettre.
HOARD.
Va, obéis-moi, et attends-toi à mieux encore dt ma part. L'HoTELiER, à part.
Cela ne vaut-il pas mieux qu'une place de treize shillings, quatre pence par an? Un serviteur avec trois clients de cette espèce vivrait à l'aise. Aussi bien j'ai toujours été trop distingué pour refuser de l'argent de quiconque. Que de duperies à accomplir sur cette terre! Maintenant je connais le caractère de ma veuve. Seul mon jeune maîtreest dans ses griffes !
[Il sort).
HOARD.
Maintenant, mes chers messieurs, prêtez-moi votre aiJe. Vous connaissez ses folies et ce que je veux? Premier Gentle-man.
En effet, monsieur.
Deuxième Gentleman.
Master Hoard, étes-vous sûr qu'il ne se trouve pas dans la maison à cette heure?
Hoard.
J'ai choisi l'instant propice, croyez-m'en. Le prodigue est sorti. Assistez-moi. La voici qui vient. [Entre LA COURTISANE).
Eh bien, ma charmante veuve?
3i0 LE MOYEN D'ATTRAPER UN VIEILLARD
Soyez le bienvenu, master Hoard.
HOARD.
Attention, messieurs, attention! Je viens, chère vetiTe, vous fournir la preuve que mes paroles ne sont dictées ni
fiar l'envie ni par la calomnie. Qu'elles résument plutôt es mérites et les actions de Witgood et de son oncle. Ces gentlemen, bien connus, d'une réputation sans tache, peuvent l'attester.
La Courus ake.
Je ne saurais vous dire dans quel sens mes affections disposent de moi. Mais sûrement, si ces messieurs estiment Witgood si peu digne d'intérêt, ils ont raison de le fuir. Messieurs, comme vous jouissez d'une réputation parfaite ,et que voosavez pour vous les apparences, je vous supplie de me dire la vérité! Je suis veuve, conséquemment facile à tromper, notre faiblesse est si grande ! Montrez-vous impartiaux; parlez sans parti pris.
Hoard.
Et vous serez fixée.
La Courtisane.
Silence, raaster Hoard. Vous êtes juge et partie.
Hoard.
Je ne souffle plus un mot.
Premier Gentleman.
Le meilleur moyen de vous convaincre sera de n'employer ni la flatterie, ni la malice, mais de juger impartialement.
La Courtisane.
Voilà.
Premier Gentleman.
Ce Witgood incarne le mauvais sujet, l'homme taré, sans situation, sans considération, couvert de dettes, menacé d'une prise de corps que nous maintiendrons de tout notre crédit et de toutes nos forces. Il n'a, dites-vous, ni terre, ni revenus? Faites bien attention à ne pas le calomnier.
Premier Gentleman.
Ce que nous disons nous pouvons le prouver.
La Courtisane.
Hélas ! Comme nos pauvres âmes sont facilement abusées.
Deuxième Gentleman.
Quant à son oncle...
Hoard.
Cela me regarde, son oncle! Un méchant concussion-