ACTE IV, SCENE IV
Premier Créanxier.
Allons, maître VVitgood, laissez-vous faire!
Deuxième Créancier.
Nous sommes des citoyens et connaissons le devoir!
Premier Créancier.
Acceptez son offre ; ne tracassez plus la veuve. Vos dettes payées, je me charge de vous en trouver une autre la valant dix fois.
Troisième Créancier.
Par la messe, vous me rappelez que je connais une sœur de master Malligrute, récemment veuve! Premier Créancier.
Voilà la veuve qui vous convient ! Dix mille livres en argent comptant, et rie plus de l'argenterie, des joyaux, etc. Je suis son parent. Le parti tenu, vous pourrez en feire tout ce qu'il vous plaira. Dépêchez-vous, nous allons vous présenter à elle.
WlTGOOD.
Mon oncle ne voudra plus entendre parler de moi, quand il apprendra que j'ai été complice d'un pareil abandon !
Deuxième Créancier.
Nous vous indiquons le moyen d'en sortir. Jadis j'ai dépensé cinq cents livres pour 'ma toilette, cela m'a donné de l'expérience. Actuellement vous êtes notre prisonnier. Rédigez un abandon, et croyez-moi : Tout ce que fait un homme en prison est nul au point de vue de la loi. (Il fait claquer ses doigts).
WlTGOOD.
Vous savez cela, monsieur?
Troisième Créancier.
J'ai payé pour le savoir!
WlTGOOD.
Alors je consens !
Troisième Créancier.
A la bonne heure!
Hoard.
Eh bien! mes maîtres, en avez-vous fini avec lui?
Premier Créancier.
Avec beaucoup de difficultés, nous obtenons son consen- Jemont!
Hoard.
Ah! Ah! Et à combien se montent ses dettes?
Premier Chéancier.
Cent soixante lÎA'res à peu près.
Hoard.
Tant que celai Créditez la somme. Ces dettes, vous le
savez, ne vous auraient jamais été payées. Il a fallu une circonstance comme celle qui se présente... Un pauvre, un besogneux qui serait mort de faim et de pourriture en prison. Allez! vous aurez dix shillings par livre, et je paie. Voici l'argent. Vous n'y perdez pas... Eh bien! master Witgood, il faut vous violenter pour sauver votre bonheur! {Entre LÉ NOTAIRE).
Soyez le bienvenu, honnête notaire. Veuillez me lire l'acte.
Le Notaire, lisant.
« Par la présente, il est fait à savoir à tous que moi, Théodorus Witgood, gentleman, ainsi que neveu de Pécunius Lucre, ayant eu d'injustes prétentions à l'égard de Jane Medler, veuve d'Antony dédier, et maintenant épouse de Walkadine Hoard, en considération d'une somme par lui versée pour acquitter mes dettes, je renonce à toute revendication de litre, droits ou intérêts auprès de la susdite veuve, jadis appartenant au dit Antony Medler, et appartenant aujourd'hui à Walkadine Hoard. Je renonce également à tout contrat, promesse, etc., concernant le manoir, le château, le parc, petit bois, prairie, terres labourables, granges, meules, étahles, colombiers, clapiers, en même temps qu'à sa ferme, son argent, sa vaisselle, ses bijoux, chaînes, bracelets, tapisserie, meubles. En témoignage de quoi, mol, Théodorus Witgood, je signe et scelle l'acte présent, le jour et la date étant inscrits au début. »
WlTC.OOI).
Quelle fortune je laisse échapper comme un maladroit !
HOARl».
Allons, entêté!
Witgood.
Vous avez raison, master Hoard, donnez-moi la plume. Il faut subir sa destinée.
(Il signe).
Maintenant, donne-moi la main. Devant la compagnie, je veux être désormais ton ami.
Witgood.
Il faudrait que je fusse impitoyable pour tous tenir à présent rancune.
HOAtiD.
J'inviterai ton oncle au repas de noces, et nous redeviendrons amis.
Witgood.
Je compte m'y employer.
Hoard.
Eh bien, mes maîtres, êtes-vous contents?