‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 237 sur 250 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

L'HoTEUER, à part.

Encore une revanche !

{Il sort).

HoARn.

Enfin, j'aurai un peu de repos! Qu'y a-t-il? {Entre UN DOMESTIQUE).

Le Domestique.

Monsieur...

HOARD.

Prends mes ordres. Tu iras chez mon notaire... La Courtisane, à part, tandis que Hoard donne des ordres au domestique.

Je suis comme ceux qui n'entrevoient la richesse qu'en rêve; le réveil les désabuse. Ma destinée est de m'embourber toujours davantage. Quoique j'aie beaucoup péché, je pourrais me réhabiliter, car je n'ai jamais manqué à un serment.

HOAP.D.

Dépéche-toi. {Le domestique sort.) L'occasion est heureuse. Fasse le ciel que Witgood se prête à une combinaison qui ne peut lui nuire en rien, et puisse la folie ne pas lui donner le temps du réi'iéchir. Le voici. {Entrent WITGOOD ci LES CREANCIERS).

WiTGOon.

Que voulez-vous de moi, vou^ l'impitoyable rival de mon oncle?

Ho A 11 i..

J'ai entendu dire que vous éliez sous clef?

WlTGOOD.

Après? Vous ne paierez pas mes dettes, j'en suis sûr?

HOiVRO.

Un homme prudent ne présage pas. Il y a dans la vie 4es circonstances capables de me faire faire plus encore. WiTGoon.

Te voilà, femme parjure ! Je ne sais pas de termes assez vifs pour qualifier ta trahison ! Cause de tous mes malheurs!

La Courtisane.

Arrière, mendiant!

HOARV).

Femme, vous vous montrez trop vive. Laissez parler cenx q«i ont à réclamer quelque chose.

Witgood.

Je pourrais te rappeler une promesse, plus grave encore ijue la première!

La Courtisane.

Je suis curieuse de la connaître.

WlTGOOD.

Elle te ferait rougir 1

La Courtisane.

Honte à toi!

WlTGOOD.

Je vais te la dire à l'oreille. [Bas). Crois-tu qu'il paye mes dettes?

La Courtisaxe, id.

N'en doute pas, il y a là un acte de libération que tu pourras prendre.

WlTGOOD, id.

Parfait.

La Courtisane, id.

Mais, ne semble-t-il pas que tu aurais dû trouver le moyen de te dégager avec la douaire qu'on t'a restitué? Ma conscience n'aurait rien à se reprocher.

WlTGOOD, id.

Impossible! La cruauté de mes créanciers s'exerce aussi sur le présent.

La Courtisane, id.

Plus un mot! {Haut). Je vous défie d'agir plus mal!

WlTGOOl).

Impudente! J'en appellerai à mes témoins! La Courtisane.

Appelez-en plutôt à tos esprits, car voilà longtemps que vous êtes fou.

IIoard.

Femme, vous vous montrez trop sévère. Master Witgood, et vous mes amis, je m'exprimerai en des termes plus conciliants. Dernièrement, une bonne fortune m'est échue. La voici devant moi, je l'ai épousée, elle a partagé mon lit, et elle n'est pas complètement heureuse. Elle s'est engagée imprudemment envers vous, et vous avez des dettes criardes dans le pays. Mettez la tête du lièvre dans la petite oie'. Rendez-lui sa parole et j'acquitte vos créanciers.

Vous agiriez ainsi? Je vous en remercje et ne saurais VOUS en blâmer.

HOARD.

Des dettes ne sont-elles pas plus graves que des paroles?

WlTGOOD.

Les paroles sont des engagements, et les engagements des dettes.

HoARD, à part.

Il joue à la raquette avec moi.

Page 1