‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 32 sur 250 · ACTE III, SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE H

-ais vous raconter, quand ce ne serait que pour tous tenir éveillé, comment nous avons disposé ensemble de notre temps et de notre amitié pendant six ans.

VoLPONE.

Oh! ohl ohl oh!

Lady Politick.

Du même âge, nous avions été élevés ensemble...

VoLPONE, à part.

Quel destin, quel hasard, quelle puissance viendra à mon secours!

{Rentre MOSCA).

MOSGA.

Dieu vous garde, madame.

Lady Politick.

Merci, monsieur.

VOLPONB.

Mosca! sois le bienvenu pour ma rédemption!

MoscA.

Pourquoi, monsieur?

VoLPONE, bas à Mosca.

Oh! délivre-moi de cette torture et vite! De cette femme et de sa voix éternelle. Jamais, en temps de peste, les cloches n'ont fait un pareil tapage, et n'ont été aussi perpétuellement en branle! Le Cfock-pit' n'en approche pas! Toute ma maison fume comme un bain, remplie qu'elle est de son haleine. On n'entendrait pas un avocat, pas même une autre femme, tant elle laisse tomber une grêle de mots ! Par l'enfer, débarrasse-moi d'elle ! MoscA.

A-t-elle apporté quelque présent?

VoLPONE.

Je ne m'en soucie pas ! Son absence vaut mieux que tout!

MoscA.

Madame...

Lady Politick. J'ai apporté à votre maître un joujou, un bonnet confectionné par moi.

Mosca.

Bien. J'oubliais de vous dire que j'ai vu votre chevalier dans un endroit dont vous ne vous doutez certainement pas.

4. Le Cock-pit était un théâtre de Londres. On ne s'explique pas très bien l'allusion du Vénitien Volpone.

Lady Politigk.

Où?

MOSGA.

Là, si vous vous dépêchez, où vous auriez encore des chances de le voir. II se promène en gondole, avec la plus rusée courtisane de Venise.

Lady Politigk.

C'est vrai?

MoSGA.

Rattrapez-les et croyez-en vos yeux; retirez-vous, je lui donnerai votre présent.

{Lady Politick sort en courant).

Je savais que ça prendrait, car ceux qui se permettent le plus de licences sont aussi les plus jaloux.

VOLPONE.

Mosca, de cordiaux remerciements pour ton invention à laquelle je dois ma délivrance. Maintenant, que dis-tu pour satisfaire mes espérances?

{Rentre LADY POLITIGK WOULD-BE).

Lady Politigk. Écoutez-moi, monsieur.

VoLPONE, à part.

Encore! Je ne vais plus pouvoir me contenir!

Lady Politigk.

De quel côté allaient-ils?

MosGA.

Du côté du Rialto.

Lady Politigk.

Voulez-vous me prêter votre nain?

MoSGA.

Prenez-le.

{Sort Lady Politick).

Vos espérances, monsieur, sont comme les fleurs heureuses, belles et promettant des fruits. Recouchez-vous. Corbaccio arrive avec le testament. Quand il sera parti je vous en dirai plus long.

{Il sort).

Volpone.

Je reprends connaissance, je revis! Comme un joueur de primero qui aie pressentiment qu'il ne faut pas diminuer sa mise, j'attends pour attaquer.

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