‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 40 sur 250 · ACTE III, SGiiNË YI · texte numérisé non relu

ACTE III, SGiiNË YI

ConBACCio, bas.

Comment se troure-t-il ? Groyez-rous qu'il en ait encore pour longtemps?

MOSCA

J'ai bien peur qu'il ne dépasse mai.

CORBACCIO.

Ce serait pour aujourd'hui?

MoscA.

Non, pour mai.

CORBACCIO.

Ne pourrais-tu pas lui administrer une goutte de quelque chose ?

MoscA.

Il n'y a pas moyen, monsieur.

CORBACCIO.

Je ne te le commande pas.

VoLTORE, se montrant.

Voilà un Téritable coquin!

MoscA.

Quoi! signor Voltore ! (A part). Pourvu qu'il n'ait rien entendu!

Parasite !

Qui est là? Oh ! monsieur, vous arrivez à temps !

Voltore.

Pour dévoiler vos ruses! Vous êtes complètement à lui. Et à moi, ne l'êtes-vous pas complètement aussi? MoscA.

Qui? Moi, monsieur?

Voltore.

Vous-même. Qu'est-ce que veut dire cette histoire de testament?

MoscA, bas.

Un complot en votre faveur.

Voltore.

N'employez pas les mêmes moyens arec moi, je les connais.

MosCA.

N'avez-vous pas entendu ?

Voltore.

Si, j'ai entendu que Corbaccio faisait votre maître son héritier.

MoscA.

C'est vrai. Il a suivi en cela mon conseil, obéi à mon ingérence, dans l'espoir...

68 VOLPONE 00 LE RENARD

VOLTORB.

Que ton maître le favoriserait réciproquement ? Et vous vous y êtes engagé?

MOSCA

Oui, monsieur, pour votre bien. J'ai tout dit à son fils, je l'ai amené ici, je l'ai caché, afin qu'il pût entendre ce que préparait son père, persuadé que cette action d'un père dénaturé et la mauvaise opinion qu'il avait de son fils (opinion que j'ai provoquée) mettrait ce fils dans un tel état de rage qu'il se livrerait sur lui à quelque excès dont la loi prendrait note, de façon à doubler vos espérances. J'ai ma loyauté pour réconforter ma conscience; mon unique but était de déterrer pour vous une fortune détenue par ces deux vieux sépulcres pourris.

• VOLTORE.

Je t'en remercie, Mosca.

MoscA.

N'en remerciez que votre patience et votre méribe. Maintenant il y a du nouveau.

VoLTORE.

Quoi encore?

MoscA.

De l'imprévu! J'ai besoin de votre concours. Tandis que nous attendixjns le vieux corbeau, la femme de Gorvino est venue ici envoyée par son mari...

VoLTORE.

Avec un présent?

MoscA.

Non, pour lui rendre visite. Je vous dirai plus tard dans quelles conditions. Et comme elle demeurait longtemps voilà notre jeune homme qui s'impatiente, se précipite, me blesse, saisit la dame, lui ordonne de jurer (menaçant de la tuer si elle s'y refusait) que mon maître a voulu la violer, malgré l'invraisemblance du fait. Ensuite il est parti après avoir accusé son père, diffamé mon maître et juré votre ruine...

VoLTORE.

Où est son mari? 11 faut l'envoyer chercher immédiatement.

Je vais courir après lui.

VoLTORE.

Conduis-le devant le tribunal.

MoscA.

Immédiatement.

VoLTORE.

Il ne faut pas que l'alTaire ait de suite.

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