‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 48 sur 250 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Co':iviNo.

Je n'en redoute qu'un, craignant que son plaidoyer ne le pose comme cohéritier.

MOSCA

Qu'on le pende! Nous nous contenterons d'utiliser sa langue, son bayardage et son croassement de corbeau.

Et de lui que ferons-nous?

MoscA.

Quand nous aurons fini?

CoRVINO.

Oui.

MoSCA.

Nous y penserons. Nous le vendrons comme une momie. Il est déjà à moitié réduit en poussière. [A part, à Voltore). Ne souriez-vous pas de voir ce buffle balancer la tête? (A part). Je voudrais que tout cela fût fini. [A Corhaccio). C'est, vous qui allez tout récolter, les autres ne se doutent pas pour qui ils travaillent.

CORBACGIO.

Paix!

MoscA, se tournant vers Corvino.

Vous dévorerez le tout. (A Voltore). Mercure siège sur votre langue tonitruante ! Ou que l'Hercule Français la rendant aussi persuasive que sa massue, abatte, comme un vent de tempête, nos adversaires ou plutôt les vôtres. Voltore.

Les voici qui viennent. Plus un mot.

MoscA.

Au besoin, j'ai un autre témoin que je puis produire.

Voltore.

Qui?

MoscA, à part.

Elle!

{Entrent LES JUGES, qui prennent place, BONARIO, CELIA, UN GREFFIER, des HUISSIERS, LE SAFFI, et autres Officiers de justice).

Le Sénat n'aura jamais entendu une pareille affaire !

Deuxième Juge.

Elle paraîtra stupéfiante à ceux à qui nous la raconterons.

Quatrième Juge.

La femme a toujours Joui d'une réputation sans tache.

Cinquième Juge.

Le jeune homme aussi.

Quatrième Joge.

Le rôle le plus dénaturé est celui du père.

Deuxième Juge.

Il l'est plus encore que celui du mari.

Premier Jugk.

Je ne trouve pas de mot pour qualifier un tel acte, tant il est monstrueux.

Quatrième Juge.

Quant à l'imposteur, il dépasse toute imagination l

Premier Juge.

On n'en verra plus jamais de pareil.

Deuxième Juge.

Je n'ai jamais entendu parler d'un semblable voluptueux.

Troisième Juge.

Les personnes citées sont là?

Le Greffier.

Toutes, sauf le vieux magnifique, Volpone.

Premier Juge.

Pourquoi ne comparaît-il pas?

Plaise à Vos Paternités, son avocat est ici. Volpone est si faible, si malade !

Quatrième Juge.

Qui êtes-vous?

Bonario.

Son parasite, son esclave, son entremetteur. Je supplie la Cour qu'on oblige Volpone à comparaître, afin que vos regards puissent apprécier la gravité de ses impostures.

VOLTORE.

Sur ma foi, sur ma confiance en vos vertus, ii lui serait impossible de supporter le grand air.

Deuxième Juge.

Qu'on l'amène tout de même.

Troisième Juge.

Nous voulons le voir.

Quatrième Juge.

Envoyez-le chercher.

Voltore.

Vos Paternités seront obéies.

{Sortent les Officiers).

Certainement il provoquera votre pitié plus' que vos indignations. S'il plaît à la Cour, en attendant, elle peut m'entendre. Je sais le Tribunal sans prévention, et n'ai donc aucune raison de redouter que notre sincérité porte préjudice à notre cause.

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