V-a-t'en, drôle I
VoLPONE.
Votre épouse s'est conduite en vraie femme. Maintenanl vous voilà à l'aise, sans aucun souci, dans une bonne situation ; grâce à la chance vous pouvez vous justifier, à moins que Gorbaccio ne partage avec vous.
CoRBAfXio.
Va-t'en, valet!
Vous voulez garder votre secret, monsieur ? Parfait. C'est se montrer sage. Vous agissez comme tous les joueurs. Quel que soit le jeu qu'ils jouent, ilsne veulent jamais convenir qu'ils ont gagné.
{Sortent Corvino et Corbaccio).
Ah ! voici mon vautour, le bec en l'air et flairant. {Entre \0L10RE).
VOLTORE.
Etre confondu de la sorte et par un parasite! un esclave, qui ferait les commissions et ramasserait des miettes ! Qu vais-je faire?
VoLPONE.
La Cour attend Votre Seigneurie. Je me réjouis, monsieur, du bonheur qui vous arrive. Je me félicite de le voir entre des mains si savantes dans l'art de l'escamotage...
VoLTORE.
Qu'entendez-vous par là?
VoLPONE.
Je viens en solliciteur auprès de Votre Seigneurie pour la petite habitation en réparation, située à la fin de vos nombreux immeubles, près de Priscaria. Du temps de Volpone, votre prédécesseur, avant qu'il ne mourût, c'était un joli petit bordel, bien achalandév le meilleur de Venise, tout le monde en faisait les louanges. Mais il a dégringolé avec lui. Son corps et cette maison se sont délabrés ensem ble.
VOLTORE.
Allons, monsieur, cessez ce babillage.