‹ Les contemporains [microforme]Chapitre 12 sur 26 · F. LALONDE · texte numérisé non relu

F. LALONDE

Il n'est rien qui sollicite plus vivement et plus largement notre admiration que cette catégorie d’homimes qui se sont faits eux-mêmes, qui, débutant dans la vie avec les traditionnels trois sous en poche, sont arrivés successivement à posséder fortune, estime publique, prestige, respect. Dans tous les pays, c:5 hommes sont l’objet d’une même admiration et forment une espèce d’aristocratie, la vraie, car c’=st celle du talent et du travail.

Chez les Anglo-Saxons, où l’on est davantage pratiques, où l’on compte le plus sur ces deux leviers, il existe une expression qui, à elle seule, constitue l'éloge le pius entier et le plus profond de l’homme auquel on l'adresse : Le is a self-made man !

Quand on a dit ou écrit cela, il semble qu'on ait tout exprimé. Et c'est avec raison.

Aujourd’hui, ayant à parler de notre distingué concitoyen, M. Charles Lalonde, nous pourrions lui appliquer cette si expressive sentence de la langue de Shakespeare, et ce serait suffisant,

Mais nous savons qu'il sera agréable aux jeunes

d'aujourd'hui et à ceux de demain de posséder quel- F

ques détails biographiques sur notre ami, Sa vie sera pour eux un exemple ; en parcourant le chemin de la vie avec son courage et son habileté, ils pourront, eux aussi, atteindre au poste si honorable que M. Lalonde occupe dans toutes les sphères où il a posé le pied.

C'est à Vaudreuil qu’il est né, le 14 février 1834, d’une famille qui a toujours occupé, dans cette région, une position sociale äu premier rang, fournissant beaucoup de ses enfants au pays et au comté pour les postes de confiance ou d’honneur.

Remarquons, en passant, combien Vaudreuil a collaboré à l'avancement de notre district. Etudiez ce qui a été grand et prospère surtout à Montréal depuis un demi siècle, Vous y verrez presque toujours la main, la présence d’un enfant de Vaudreuil,

Charles Lalonde, lui, alla à Ste-Cunégonde à

l’âge de vingt ans. On était loin alors d# la belle et prospère ville d’.ujourd'hui. Elle se débatteit encore dans ses lisières, mais ces arrivées d'hommes comme celui-là, cette inoculation de sang nouveau et bouillonnant devaient vite se faire sentir.

- M. Lalonde était porté par ses aptitudes naturelles et ses études aux affaires. Il en avait plus que le goût: la passion. Et cela, servi par un esprit d'ordre et une force de persévérance qui ne se sont jamais démentis et qu'on retrouve à la base de tous ses succès.

À) wes, à 7

mm,

Il fut d'abord commis, puis il se lança dans le commerce de nouveautés pour son propre compte. C'est alors qu’il se révéla homme d’affaires, qu'il mit en mouvement toutes ces qualités natives qui n’avaient demandé qu’un champ plus vaste pour produire.

C'est dès cette époque que Ste-Cunégonde fut l'objet de sa plus vive scllicitude, laquelle se traduisit de deux manières principales : premièrement, en poussant de toutes ses forces la future cité dans la voie du progrès municipal ; deuxièmement, en aidant à créer des industries nouvelles qui alimentaient la population existante et en attiraient une autre,

Bref, M. Lalonde fut. un second fondateur pour Ste-Cunégonde, dont les citoyens s’empressèrent de lui confier le premier poste civique quand l’incorporation en cité eut lieu. ’

Ce fut un choix si heureux, suivi de si nombreux fruits, que son terme de mairie terminé, M. Lalonde dut céder aux instances des contribuables et rester au conseil à titre d’échevin,

En politique, c'est un libéral convaincu, que son parti a sans cesse trouvé dispos, armé, généreux. Il aurait été député s’il l'eût voulu, nous n'en avons aucun doute; et nous doutons encore moins que son parti ne l’appelle un de ces jours à une position à la fois d'honneur et de responsabilité, où l'on est législateur tout en se reposant des labeurs du passé,

screens.

RS ARMR ER D PIEST CNRS ER

Feu Mercier nomma M. Lalonde juge de paix et juge de la cour des commissaires ; il allait lui donner un témoignage plus g’and ecore d'estime et de confiance, quand les revers politiques y mirènt un empêchement,

M. Lalonde est un des plus anciens membres de notre Chambre de Commerce; il compte également parmi les plus zélés et les plus écoutés.

Il est aussi un de nos grands propriétaires et, en cette qualité, loin de faire comme tant d’autres, il tient à voir et à faire marcher de l'avant la métropole dont il est aujourd’hui citoyen, Si tous les propriétaires de cet’. partie de la rue Notre-Dame qui va de l'Hôtel-de- Ville à la Place d’'Armes, étaient de sa trempe, cette région si centrale serait tout autre: on y verrait revenir la vie, le mouvement d'autrefois: En effet, que constatons-nous ? Les propriétés de M, Lalonde dans cette partie ont été agrandies, embellies, modernisées. Là se retrouve encore un reflet de la prospérité et de l’activité de jadis. Et qui en profite ?

La ville, les locataires et le propriétaire,

Ah! si Notre-Dame, en cet arrondissement, avait vingt autres propriétaires comme M. Lalonde!

Un chef ouvrier nous disait ces jours derniers :

“ J'apprends que vous allez écrire un aperçu bio- “graphique sur M. Charles Lalonde. Eh bien! au ‘“ nom des miens, je vous prie de dire que cet homme

“a toujours généreusement et équitablement traité “le travailleur ; qu'il n’a pas seulement aidé à nos “ unions ouvrières, mais qu'il a été des nôtres, que “son passage parmi nous a laissé un de ces souvenirs “qui ne s'effacent point et qui sont enregistrés aux ‘“ meilleures pages de nos annales.”

Cet éloquent tribut que nous transcrivons à peu près textuellement, nous dispense de tout commentaire.

M. Lalonde a des intérêts dans beaucoup d’entreprises, notamment la grande fonderie de Beauharnois, qui possède des succursales ici, à Toronto, dans les provinces maritimes et qui, au siège principal, donne de l'emploi à plus de cinquante familles. Cette grande industrie date de 1890; en 1896, M. Lalonde en devint l'âme, et depuis, elle n’a cessé d'agrandir ses opérations. Elle jouit &’une charte fédérale.

Ajoutons que M. Lalonde est un ami dévoué, un causeur agréable, un patriote ardent, et l'on comprendra combien il eût été peu juste, de notre part, de ne pas le placer dans cette galerie de portraits dédiée aux hommes qui ont fait/leur marque.

Lau

sÉpryemcet

: à D se TEE ns

pme mm Me

Photo, Quéry Frères, Sun Photo-Eng. Co.

Page 1