P. FE, PETIT
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vement, ‘installation d’un bijou de luminaire électrique ct l'introduction du gaz acétylène, ce dernier mot de la science en matière d'éclairage.
On sait que St-Jérôme est quelque peu en proie à des imbroglios de teinte religieuse, En face de ces situations très délicates pour un homme de sa position là-bas, il a pris une attitude que nous pouvons résumer en deux mots: justice et fermeté.
Il nous permettra, à ce sujet, une petite indiscrétion : il est venu à notre connaissance que son atti- ‘ude lui a valu, dans le cercle ecclésiastique le plus huppé de notre district, un témoignage ue haute va-
. leur et qui prouve bien que dans le monde religieux, . en catimini c'est vrai, on place les hommes de tact et
d’ rïgie au-dessus des crétins.
On sert mieux l’Eg'ise debout qu'à quatre pattes.
Notons aussi que le notaire Petit est directeur de chant à l’église de St-Jérôme et qu'il est on ne peut plus porté à faire briller sa ville mêmne dans cette concurrence que se font les vilies et les grandes paroisses dans le domaine des belles célébrations religieuses. C’est une ambition qui n’a rien d’étroit ou de ridicule ; d’ailleurs qu’on étudie ce que font certaines sectes protestantes qui n’épargnent aucun travail et aucun argent pour avoir le meilleur chant et même la plus brillante mise en scêne,
Nous n’étonnerons persoune en disant que comme notaire i! est corps et âme dans ie mouvement réfor-
miste dont nous parlons dans une autre biographie, Il est, d’ailleurs, le présiéent du Cercle des Notaires du district de Terrebonne, ce qui dit tout,
Ajoutons qu'il est Maître-Ouvrier dans la puissante société l'Ancient Order of United Workmen, un membre très en vue de l'Ordre des Forestiers Indépendants, un grand ami des ouvriers qui le lui rendent en toutes occasions, et on nous approuvera de croire que voilà dans une carrière de jeune homme des faits et des mérites que bien des gens âgés et à grosse prétention pourraient envier.
Et avec tout cela, un ami .dévoué, un compagnon gai comme la borne humeur, un Canadien de patriotisme éclairé,
Nous avons été heureux d’avoir cette occasion de lui rendre ce trop modeste témoignage d’estime et d'appréciatior, et ce, avec l& parfaite certitude d’être les interprètes de tous ceux qui l'ont vu à l'œuvre.
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Les cinquantenaires sont clairsemés dans le domaine du commerce ou de l’industrie,
Les crises, les périodes de dépression, ‘les mille éventualités qui guettent sans cesse ces établissements, en bannissent généralement la longévité. On
compterait à peine, dans la métropole, vingt maisons de quelque importance qui datent de la pre-
mière partie du siècle et qui ont conservé leur autonomie,
Parmi ces doyennes on verra celle de Laurent, Laforce & Bourdeau, devenue une véritable institution nationale et qui comptera bientôt cinquante ans d'existence.
Fidèle à notre mission de fixer dans ces pages biographiques les mérites des Canadiens-fançais qui, dans un champ ou dans un autre, ont honoré leur race, joué un rôle marquant, conquis une saine
renommée, nous prenons aujourd’hui comme obj#ctif.
celui qui est devenu la tête de la maison en q' «tion, M. Théophile Bourdeau est né à Saint-
comté de Chateauguay, en 1854. On lui donnerait
pourtant à peine quarante ans, tant est grande son
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activité. Peu d'hommes se sont donné plus de mouvement que lui. En 1868, il partait pour les Etats- Unis, où il suivit un cours anglais supérieur. Peu après, il devint l'interprète de l'agent général de la puissante compagnie formée par MM. Wheeler & Wilson, les fabricants de machines à coudre, Cr: lui assigna tout l'Etat de New York pour territoire, En cette qualité, il visita tous les centres canadiensfrançais, Se Lrisa aux affaires, y développa ces qualités qui ont fait de lui le vendeur si heureux que nous avons vu à l’œuvre.dans notre province quand
il y revint, en 1870, et depuis.
Jusqu'en 1877, il s'occupa du commerce d'orgues, de pianos et de machines à coudre à la campagne. Vrai pionnier, dirons-nous, car il fut le premier Canadien-français qui se lança dans ce genre d’affaires. Il fallait de la poigne, de l’énergie ; il n'en manqua pas. Aussi, réussissait-il bientôt à introduire dans nos foyers les premiers pianos de facture canadienne, Il révolutionna en quelque sorte ce commerce, Ce n'était pas mince besogne que d'inaugurer la concurrence aux maisons qui jouissaient d’un prestige consacré par le temps et soutenu par une réclame habile, immense, dans laquelle, souvent, l'argent entrait plus que la valeur des instruments,
Mais, M. Bourdeau engagea la lutte sans crainte la mena ronderment et aujourd'hui il peut, croyonsnous, se vanter d’avoir dans toutes nos paroisses un
ou plusieurs des pianos et des orgues dont le mérite si réel trouva en lui un champion si éclairé et si entreprenant.
En 1877, la maison Laurent, Laforce et Cie s'empressa de s'assurer ses services cnmme agent, puis comme surintendant, En 1888, il devenait associé et en juin 1897, par la mort de M. Laforce, il se trouvait à la tête de l'établissement. Soit comme employé, soit comme associé ou patron unique, M. Bourdeau appartient depuis vingt-deux ans à la maison.
Comme il est écrit dans une brochure que nous avons sous les yeux, deux générations d'hommes se sont succédées et toutes deux ont trouvé la maison Laurent, Laforce & Bourdeau toujcurs à son poste, rue Notre-Dame, poursuivant une carrière ininterrompue de succès et de prospérité, résultat d’une longue et saine expérience et d’une parfaite honorabilité en :.ffaires.
Cette maison occupe donc une place marquante
‘dans l'histoire du commerce de Montréal et celle de
la ville même, car on peut dire que son enseigne, depuis si longtemps fixée au même endroit, fait l’effet d'une plaque historique ; et elle en est une, de fait, au même titre que celles qui marquent une époque de l’histoire du vieux Montréal.
Comme la borne que l’on est accoutumé à retrouver sans cesse au coin d’un sentier familier, cette enseigne attire peu l'attention aujourd'hui; on la