‹ Les contemporains [microforme]Chapitre 14 sur 26 · P.-F,-E, PETIT · texte numérisé non relu

P.-F,-E, PETIT

le parti jeta naturellement les yeux sur lui pour la candidature,

Ce n’est pas entreprise banale que de contester la victoire au parti conservateur dans une forteresse comme Terrebonne, où les adversaires avaient toujours mis en jeu les plus vives influences de leur répertoire,

Le souvénir de Chapleau y était dans toute sa force ; le choix du candidat qui devait recueillir sa succession avait reçu sa sanction, Il avait, dans une célèbre lettre d'adieu, imposé une manière de mandat impératif à ses anciens électeurs.

Mais poui un homme comme le notaire Petit, les obstacles sont autant d’attraits à la lutte. Ilaccepta donc la candidature,

Il commença sa campagne dès janvier 1896, c'està-dire près de six rnois avant le jcur du dénouement. Il parcourut en entier l'immense territoire électoral qu'est Terrebonne. Il tint des centaines d’assemblées, organisa la bataille dans des endroits où naguère il paraissait inoui même d'y penser,

On dit qu’il fit la connaissance personnelle de presque tous les électeurs. Bref, il mena le s/rggle sur un tel train et avec des résultats si satisfaisants, que les conservateurs de l'Exécutif de Montréal prirent peur et dirigèrent contre le notaire Petit les plus gros canons de leur arsenal. Les influences les plus variées furent mises en pratique, on decouvrit plu-

178 LES CONTEMPURAINS

sieurs autr2s comtés pour envahir complètement Terrebonne et l'empêcher de passer à ce candidat d'un calibre si différent de ceux qu'on avait connus dans le passé.

On sait le résultat, Malgré toute cette stratégie et ces influences, M. Petit ne fut défait que par 100 voix, c'est-à-dire qu'il avait réduit de 600 voix la minorité libérale de la précédente élection,

Pour an premier essai, c’en étaït un de maître, et les conservateurs ne pouvaient mieux exprimer la crainte qu'ils en éprouvent pour l'avenir qu’en entreprenant et continuant pendant plusieurs années contre lui une vigouteus : campagne.

1! est bien entendu qu'il est le porte-étenda-d tout désigné du parti libéral pour la prochaine lutte, à moins que, selon la nouvelle donnée par La Minerve elle-même, M. Petit ne recreills au Conseil Législatif le siège rendu vacant par la mort de l'honorable M. Marsil.

Ce serait une récompense bien méritée, mais c’est le vœu de plusieurs qu’il reste dans le personnel actif du mertti. Il estencore un jeune homme et la carrière politique s'annonce devant lui belle, longue, brillante.

M. Petit s’est tout spé “ialement dévoué à doter sa ville d'établissements industriels. Notons à la hâte les manufactures de cigare, de caoutchouc, d: meubles et une fonderie, Encore à lui, presque ex:lusi-

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